La dermite estivale chez le cheval n’est pas contagieuse.
La dermatite estivale récidivante des équidés (DERE) est une maladie allergique provoquée principalement par une hypersensibilité aux allergènes présents dans la salive de petits moucherons du genre Culicoides.
Elle ne se transmet donc pas :
- d’un cheval à un autre par contact ;
- par les brosses ;
- par les couvertures ;
- par le harnachement ;
- par l’air ;
- ni du cheval à l’être humain.
Pourtant, plusieurs chevaux vivant dans la même écurie peuvent commencer à se gratter pendant la même période.
Cela ne signifie pas qu’ils se sont « contaminés ». Ils peuvent simplement être exposés aux mêmes populations d’insectes et plusieurs d’entre eux peuvent être sensibles à leurs piqûres.
À retenir : la DERE est une hypersensibilité individuelle, pas une infection transmissible. En revanche, certaines maladies provoquant des démangeaisons et des pertes de poils peuvent être contagieuses et doivent être distinguées de la dermite estivale.
Pour comprendre la maladie dans son ensemble, consultez notre guide sur la dermite estivale chez le cheval.
Dermite cheval contagieuse : pourquoi la réponse est-elle non ?
Une maladie contagieuse se transmet d’un individu à un autre par un agent capable de se propager, par exemple :
- un virus ;
- une bactérie ;
- un champignon ;
- certains parasites.
La DERE fonctionne différemment.
Le cheval atteint possède une réponse immunitaire anormale ou excessive contre des allergènes salivaires de Culicoides.
Les piqûres déclenchent alors :
- inflammation cutanée ;
- prurit ;
- frottements ;
- lésions secondaires.
Le consensus international sur les dermatoses allergiques équines décrit l’hypersensibilité aux piqûres d’insectes comme la maladie allergique cutanée du cheval la mieux caractérisée, avec une réponse IgE contre les antigènes salivaires de Culicoides largement documentée.
Il n’y a donc aucun agent « de dermite estivale » qui passe d’un cheval malade à son voisin.
Les Culicoides transmettent-ils la dermite d’un cheval à l’autre ?
Non.
C’est une distinction importante.
Un Culicoides ne prend pas la « dermite » sur un cheval atteint pour la transmettre ensuite à un autre.
La piqûre expose chaque cheval à des allergènes contenus dans la salive de l’insecte.
Chez un cheval non sensible, cette exposition peut provoquer peu ou pas de réaction.
Chez un cheval prédisposé, elle peut déclencher une importante réaction d’hypersensibilité.
Le même environnement peut donc produire :
- un cheval très atteint ;
- un cheval légèrement atteint ;
- un cheval totalement indemne.
Cette différence dépend notamment de la susceptibilité individuelle, de la génétique, de l’histoire d’exposition et de l’intensité des piqûres.

Pourquoi plusieurs chevaux d’une même écurie peuvent-ils avoir une dermite ?
Parce qu’ils partagent souvent le même environnement.
Si une pâture ou une écurie présente une forte activité de Culicoides, plusieurs chevaux sensibles peuvent être exposés simultanément.
Certains facteurs environnementaux peuvent augmenter cette exposition :
- zones humides favorables à certains gîtes larvaires ;
- sols mal drainés ;
- faible circulation d’air ;
- période chaude favorable à l’activité des insectes ;
- pâtures proches de certaines zones humides.
Ce phénomène peut donner l’impression d’une contagion.
Mais il s’agit en réalité d’une exposition commune à un même facteur déclenchant.
Deux chevaux atteints dans le même paddock ne se transmettent donc pas la maladie entre eux.
Une couverture ou une brosse peut-elle transmettre la dermite estivale ?
Non.
Une couverture utilisée sur un cheval atteint de DERE ne transmet pas son allergie à un autre cheval.
Il en va de même pour :
- les brosses ;
- les licols ;
- les tapis ;
- les selles ;
- le matériel de pansage.
Cependant, il existe une nuance importante :
si le diagnostic n’est pas réellement une DERE, certains de ces objets peuvent transmettre d’autres maladies cutanées.
C’est notamment le cas de la teigne, des poux et de certaines parasitoses.
Il faut donc être particulièrement prudent lorsqu’un cheval présente des lésions cutanées dont la cause n’est pas encore identifiée.
La dermite estivale est-elle transmissible à l’être humain ?
Non.
La DERE n’est pas une zoonose.
Le propriétaire ne peut pas « attraper » la dermite estivale en :
- touchant le cheval ;
- le pansant ;
- manipulant sa couverture ;
- nettoyant ses lésions.
La maladie correspond à une hypersensibilité propre au cheval.
Cela ne signifie évidemment pas que toutes les maladies de peau équines sont sans risque pour l’être humain : certaines infections cutanées, comme certaines dermatophytoses ou la dermatophilose, peuvent présenter un potentiel zoonotique.
Non contagieuse ne signifie pas non héréditaire
Il faut également distinguer contagion et prédisposition génétique.
Un cheval atteint de DERE ne transmet pas la maladie à son voisin.
En revanche, une susceptibilité génétique à l’hypersensibilité aux piqûres d’insectes est bien documentée dans certaines populations équines.
La maladie possède une composante polygénique.
Cela signifie qu’un cheval peut transmettre une partie de sa prédisposition génétique à sa descendance sans que la maladie soit pour autant « contagieuse ».
Pour approfondir ce mécanisme, consultez notre article consacré aux causes et facteurs de risque de la dermite estivale chez le cheval.
Quelles maladies contagieuses peuvent ressembler à une dermite estivale ?
C’est le point le plus important lorsque plusieurs chevaux commencent à se gratter.
La présence simultanée de lésions chez plusieurs chevaux ne doit pas automatiquement être attribuée à la DERE.
Certaines maladies cutanées réellement transmissibles peuvent provoquer :
- démangeaisons ;
- dépilation ;
- croûtes ;
- poils cassés ;
- frottements.

Teigne ou dermatophytose
La teigne est une infection fongique contagieuse.
Chez le cheval, elle peut provoquer :
- zones dépilées ;
- squames ;
- croûtes ;
- lésions parfois circulaires.
La transmission peut se produire :
- directement entre chevaux ;
- par les brosses ;
- par le harnachement ;
- par les couvertures ;
- par d’autres objets contaminés.
Merck indique clairement que la dermatophytose équine se transmet par contact direct ou par du matériel de pansage et du harnachement contaminés.
Un groupe de chevaux présentant progressivement des zones dépilées et squameuses doit donc faire envisager une teigne.
Poux
La phtiriose est également contagieuse.
Les poux se transmettent surtout par contact direct entre chevaux, mais aussi par le matériel :
- brosses ;
- couvertures ;
- autres équipements.
Ils provoquent souvent :
- prurit ;
- frottements ;
- poil ébouriffé ;
- squames ;
- dépilation ;
- excoriations.
L’IFCE indique que l’infestation est particulièrement fréquente en fin d’hiver et au début du printemps.
La présence de poux ou de lentes dans les poils oriente évidemment fortement le diagnostic.
Gale et acariens
Certaines infestations par des acariens sont transmissibles.
Chez le cheval, la gale chorioptique est particulièrement importante chez les chevaux possédant des fanons abondants.
Elle touche principalement les membres distaux et peut provoquer :
- prurit ;
- cheval qui frappe le sol ;
- mordillement des membres ;
- squames ;
- croûtes ;
- dépilation ;
- épaississement chronique de la peau.
Les acariens responsables des gales peuvent se transmettre par contact direct et, selon l’espèce, par du matériel ou un environnement contaminé.
Un prurit principalement localisé aux paturons n’est donc pas typique d’une DERE.
Dermatophilose
La dermatophilose est une infection bactérienne provoquée par Dermatophilus congolensis.
Contrairement à ce qui est parfois affirmé, elle peut être transmise entre animaux, notamment par contact direct, environnement contaminé ou matériel souillé.
Elle provoque davantage :
- croûtes ;
- poils agglutinés ;
- lésions en « pinceau » ;
- dépilation ;
- sensibilité cutanée.
L’humidité prolongée favorise fortement son développement.
Consultez notre article complet sur la dermatophilose chez le cheval.
Et la gale de boue : est-elle contagieuse ?
On ne peut pas répondre simplement par oui ou non.
La « gale de boue », ou dermatite du paturon, est un syndrome multifactoriel, pas une seule maladie.
Elle peut être associée à différents mécanismes :
- irritation et macération ;
- parasites comme Chorioptes ;
- infections secondaires ;
- dermatophilose ;
- maladies inflammatoires ou vasculaires.
La contagiosité dépend donc de la cause sous-jacente.
Une dermatite inflammatoire ou irritative n’est pas contagieuse.
Une dermatite liée à des Chorioptes peut en revanche être transmissible.
C’est pourquoi il est incorrect d’affirmer que toutes les « gales de boue » sont contagieuses ou que toutes sont non contagieuses.
Consultez notre guide sur la gale de boue chez le cheval et la dermatite du paturon.
Tableau : dermite estivale ou maladie contagieuse ?
| Affection | Contagieuse ? | Signes pouvant prêter à confusion |
|---|---|---|
| DERE | Non | Prurit intense, crins cassés, dépilation, croûtes secondaires |
| Teigne | Oui | Dépilation, squames, croûtes |
| Poux | Oui | Prurit, frottements, dépilation, squames |
| Gale à acariens | Transmissible selon la cause | Prurit, croûtes, dépilation |
| Dermatophilose | Transmissible | Croûtes, dépilation, poils agglutinés |
| Dermatite du paturon | Dépend de la cause | Croûtes et inflammation du bas des membres |
Le caractère contagieux ne peut pas toujours être déterminé uniquement à partir de l’apparence de la peau.
Quels signes orientent davantage vers une DERE ?
Une dermite estivale est particulièrement évocatrice lorsque :
- le problème réapparaît chaque année ;
- les signes coïncident avec la période d’activité des insectes ;
- le prurit est important ;
- la crinière est frottée ;
- le garrot est atteint ;
- la croupe et la base de la queue sont touchées ;
- les signes diminuent lorsque l’exposition aux insectes disparaît ou est fortement réduite.
La saisonnalité est donc particulièrement importante.
Une DERE classique n’entraîne pas une « épidémie » par transmission entre chevaux.
Quels signes doivent faire envisager une maladie transmissible ?
Une affection contagieuse doit notamment être envisagée lorsque :
- plusieurs chevaux développent de nouvelles lésions rapprochées dans le temps ;
- les lésions continuent à apparaître malgré une bonne protection contre les insectes ;
- des zones dépilées et squameuses apparaissent ;
- des poux ou des lentes sont visibles ;
- plusieurs chevaux se grattent en hiver ;
- les lésions touchent principalement les membres avec fanons ;
- du matériel de pansage est partagé ;
- un nouveau cheval récemment arrivé présente des lésions similaires.
Aucun de ces éléments ne permet à lui seul de poser le diagnostic.
Ils indiquent simplement qu’il faut élargir les hypothèses au-delà de la DERE.
Pour une approche plus générale du prurit, consultez notre guide Cheval qui se gratte : causes et signes d’alerte.
Faut-il isoler un cheval atteint de dermite estivale ?
Pas si le diagnostic de DERE est établi.
Un cheval atteint de dermite estivale ne doit pas être isolé de ses congénères simplement parce qu’il présente cette maladie.
L’isolement ne réduit pas sa réaction allergique aux Culicoides.
En revanche, lorsque :
- le diagnostic est incertain ;
- plusieurs chevaux développent des lésions ;
- une teigne est possible ;
- des poux sont suspectés ;
- une gale parasitaire est envisagée ;
- une dermatophilose active est suspectée ;
il est prudent, en attendant le diagnostic, de limiter les échanges de matériel et éventuellement les contacts selon l’affection suspectée.
Que faire si plusieurs chevaux se grattent dans la même écurie ?
La première étape consiste à ne pas conclure trop vite à une contagion ou à une DERE.
Observez :
- la saison ;
- la localisation des lésions ;
- l’intensité du prurit ;
- l’ordre d’apparition des cas ;
- la présence de squames ;
- la présence de parasites visibles ;
- la distribution des lésions ;
- le matériel partagé.
Si les lésions sont compatibles avec une maladie transmissible :
- ne partagez plus les brosses ;
- séparez les couvertures ;
- réservez le matériel à chaque cheval ;
- nettoyez le matériel utilisé ;
- demandez un avis vétérinaire.
En revanche, si plusieurs chevaux sensibles développent une DERE pendant une forte période d’activité des Culicoides, la priorité sera surtout de réduire l’exposition collective aux insectes.

Peut-on prévenir la « transmission » de la dermite estivale ?
Puisqu’elle n’est pas contagieuse, il n’existe pas de transmission à empêcher.
La prévention de la DERE consiste plutôt à réduire les piqûres d’insectes.
Cela peut inclure selon la situation :
- couverture adaptée ;
- protection de la tête ;
- adaptation des horaires de sortie ;
- ventilation ;
- gestion des zones favorables aux Culicoides ;
- utilisation raisonnée de répulsifs ou insecticides adaptés.
Ces mesures protègent individuellement les chevaux sensibles.
Elles ne servent pas à empêcher un cheval malade de « contaminer » les autres.
FAQ — Dermite cheval contagieuse
La dermite estivale se transmet-elle entre chevaux ?
Non. La DERE est une réaction allergique aux piqûres d’insectes chez un cheval prédisposé.
Un cheval sain peut-il attraper la dermite en partageant une brosse ?
Non. Une brosse ne transmet pas la DERE.
Elle peut en revanche transmettre certaines autres maladies comme la teigne ou les poux.
Deux chevaux atteints dans le même pré se sont-ils contaminés ?
Non nécessairement. Ils peuvent simplement être tous les deux sensibles et exposés aux mêmes Culicoides.
Les Culicoides transportent-ils la dermite d’un cheval à l’autre ?
Non. Leur salive contient les allergènes déclenchant la réaction chez les chevaux sensibles.
La dermite estivale peut-elle se transmettre à l’être humain ?
Non. La DERE n’est pas une zoonose.
Faut-il isoler un cheval atteint ?
Pas lorsque le diagnostic de DERE est confirmé. Un isolement peut en revanche être envisagé lorsque le diagnostic est incertain et qu’une maladie transmissible est suspectée.
La gale de boue est-elle contagieuse ?
Cela dépend de sa cause. La dermatite du paturon est un syndrome multifactoriel ; certaines causes sont transmissibles et d’autres non.
La dermatophilose est-elle contagieuse ?
Elle peut se transmettre entre animaux, notamment par contact ou matériel contaminé, particulièrement lorsque les conditions favorisent l’infection.
La teigne est-elle contagieuse ?
Oui. Elle se transmet directement entre chevaux ou indirectement par du matériel contaminé.
Conclusion
La dermite estivale du cheval n’est pas contagieuse.
Elle correspond principalement à une hypersensibilité aux allergènes salivaires des Culicoides chez un équidé susceptible.
Un cheval atteint ne transmet donc pas sa DERE :
- à un autre cheval ;
- par contact ;
- par une brosse ;
- par une couverture ;
- au propriétaire.
Lorsque plusieurs chevaux se grattent dans la même écurie, deux situations sont cependant possibles :
- ils sont exposés au même environnement favorable aux insectes et plusieurs sont sensibles ;
- une autre dermatose transmissible est présente.
Teigne, poux, certaines gales et dermatophilose peuvent provoquer des signes ressemblant à ceux observés lors d’une DERE.
La question importante n’est donc pas seulement « est-ce contagieux ? », mais aussi « sommes-nous certains qu’il s’agit bien d’une dermite estivale ? »
Lorsque plusieurs chevaux développent des lésions ou lorsque le tableau est atypique, identifier précisément la cause permet d’éviter à la fois un isolement inutile et la propagation d’une véritable maladie transmissible.
Sources et références
- IFCE équipédia — Dermatite estivale récidivante des équidés (dermite)
- Marsella R., White S., Fadok V.A. et al. — Equine allergic skin diseases: Clinical consensus guidelines of the World Association for Veterinary Dermatology. Veterinary Dermatology, 2023;34(3):175–208.
- Merck Veterinary Manual — Dermatophytosis in Horses
- IFCE équipédia — Poux
- Merck Veterinary Manual — Mange in Horses
- Merck Veterinary Manual — Dermatophilosis in Animals