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Dermatophilose chez le cheval : symptômes, diagnostic, traitement et prévention

Horse Education Rédigé par un docteur vétérinaire Publié le · mis à jour le · 16 min de lecture
Dermatophilose cheval avec croûtes et poils agglutinés sur la croupe
Image d’illustration générée par IA

La dermatophilose chez le cheval est une infection bactérienne superficielle de la peau provoquée par Dermatophilus congolensis. Elle est particulièrement favorisée lorsque la peau reste humide pendant une période prolongée ou lorsque sa barrière protectrice est fragilisée.

Chez le cheval, elle peut provoquer des touffes de poils agglutinées, des croûtes adhérentes, une dépilation et une douleur cutanée. Les lésions apparaissent fréquemment sur le dos, la croupe et l’encolure, mais les membres peuvent également être atteints.

La dermatophilose est parfois confondue avec la « gale de boue ». Pourtant, ces deux termes ne sont pas synonymes : la dermatophilose est une infection bactérienne précise, tandis que la dermatite du paturon, couramment appelée gale de boue, est un syndrome pouvant avoir plusieurs causes.

À retenir : des croûtes après une période humide ne suffisent pas à diagnostiquer une dermatophilose. La confirmation repose notamment sur l’examen des lésions et, lorsque nécessaire, sur la mise en évidence de Dermatophilus congolensis.

Pour une vue plus générale des affections cutanées, consultez également notre guide sur les dermatoses chez le cheval.


Dermatophilose cheval : qu’est-ce que c’est ?

La dermatophilose est une infection bactérienne de l’épiderme.

Son agent responsable, Dermatophilus congolensis, est une bactérie Gram positif appartenant au groupe des actinomycètes.

Elle possède un cycle particulier avec notamment des formes mobiles appelées zoospores.

Pour provoquer une infection, ces formes infectieuses doivent atteindre une peau dont les mécanismes de protection sont diminués ou altérés.

L’humidité joue alors un rôle particulièrement important.

Dans une croûte humide, elle favorise la multiplication et la libération des formes infectieuses de la bactérie.

La dermatophilose est donc beaucoup plus qu’une simple conséquence d’un cheval « sale » ou mal pansé.


Comment l’infection se développe-t-elle ?

La peau normale constitue une barrière efficace contre de nombreux micro-organismes.

Une dermatophilose devient plus probable lorsque cette barrière est fragilisée par exemple par :

  • une humidité prolongée ;
  • la macération ;
  • des microtraumatismes ;
  • des frottements ;
  • certaines piqûres d’insectes ;
  • d’autres lésions cutanées préexistantes.

Les zoospores de Dermatophilus congolensis peuvent alors pénétrer dans les couches superficielles de l’épiderme.

La réaction inflammatoire et l’infection entraînent progressivement une accumulation :

  • d’exsudat ;
  • de cellules inflammatoires ;
  • de kératine ;
  • de poils agglutinés.

C’est ce mécanisme qui produit les croûtes caractéristiques.


L’humidité provoque-t-elle directement la dermatophilose ?

L’humidité est un facteur déclenchant et favorisant majeur, mais elle n’est pas l’agent infectieux.

La maladie est provoquée par Dermatophilus congolensis.

Une exposition prolongée à la pluie ou à une forte humidité peut :

  • macérer la peau ;
  • diminuer son efficacité comme barrière ;
  • favoriser la libération des zoospores présentes dans des lésions ;
  • prolonger la persistance de l’infection.

C’est pourquoi les épisodes sont particulièrement fréquents pendant les périodes pluvieuses ou dans des environnements où le pelage reste mouillé longtemps.

Un cheval peut toutefois être exposé à la pluie sans développer de dermatophilose.

Il faut donc éviter le raccourci :

pluie = dermatophilose.


Quels chevaux sont davantage à risque ?

La dermatophilose peut toucher des chevaux de différents âges et modes de vie.

Certains contextes augmentent toutefois le risque.

Exposition prolongée à l’humidité

Un cheval vivant dehors sous des pluies répétées, particulièrement lorsque son pelage reste mouillé pendant de longues périodes, présente un environnement cutané plus favorable au développement des lésions.

Pelage épais ou dense

Un long poil d’hiver peut prolonger le temps de séchage et dissimuler les premières lésions.

Chez ces chevaux, une dermatophilose peut déjà être bien installée lorsque les croûtes deviennent visibles.

Couvertures et matériel humides

Une couverture humide, mal séchée ou utilisée sur une peau constamment mouillée peut contribuer à maintenir un environnement favorable.

De même, des frottements ou microtraumatismes sous certains équipements peuvent altérer la barrière cutanée.

Chevaux affaiblis

Les animaux jeunes ou immunodéprimés peuvent être davantage concernés par certaines formes de dermatophilose.

Cela ne signifie toutefois pas qu’un cheval adulte en bonne santé ne peut pas être atteint.


Quels sont les symptômes de la dermatophilose chez le cheval ?

La présentation dépend notamment :

  • de la longueur du poil ;
  • de la localisation ;
  • de la durée de l’infection ;
  • de l’humidité ;
  • de la sévérité.

Les signes typiques comprennent :

  • poils agglutinés ;
  • petites papules initiales ;
  • croûtes ;
  • touffes de poils qui restent attachées aux croûtes ;
  • dépilation ;
  • exsudation sous certaines croûtes ;
  • douleur ou sensibilité cutanée.

Dans les formes importantes, plusieurs petites lésions peuvent fusionner et couvrir des surfaces beaucoup plus larges.


Que signifie l’aspect « en pinceau » ou « paintbrush » ?

C’est l’une des présentations les plus caractéristiques.

La base de plusieurs poils reste enfermée dans une croûte formée à partir de kératine et d’exsudat.

Lorsqu’une touffe se détache, les poils restent regroupés, donnant l’impression d’un petit pinceau.

Cet aspect est très évocateur d’une dermatophilose, mais l’apparence seule ne doit pas toujours être considérée comme une confirmation définitive.

D’autres maladies peuvent également produire des croûtes et une dépilation.

Lésions en pinceau caractéristiques de la dermatophilose chez le cheval
Image d’illustration générée par IA

Où trouve-t-on les lésions ?

Chez le cheval, les lésions sont souvent présentes sur les zones exposées à une humidité prolongée.

Elles peuvent notamment concerner :

  • le dos ;
  • la croupe ;
  • l’encolure ;
  • les épaules ;
  • parfois la tête ;
  • les membres.

Lorsque l’infection est liée à un pelage constamment mouillé par la pluie, la distribution dorsale est particulièrement classique.

Sur les membres, l’humidité persistante au niveau des paturons peut également favoriser une infection par Dermatophilus congolensis.

Mais cela ne signifie pas que toute dermatite du paturon est une dermatophilose.


La dermatophilose provoque-t-elle des démangeaisons ?

Pas nécessairement.

Contrairement à certaines maladies très prurigineuses comme la dermatite estivale récidivante des équidés ou certaines parasitoses, la dermatophilose est souvent davantage caractérisée par :

  • des croûtes ;
  • une sensibilité ;
  • une inflammation ;
  • une douleur au toucher.

Un prurit peut néanmoins être présent chez certains chevaux.

Si le cheval se gratte très intensément, il faut donc également envisager d’autres causes.

Consultez notre article Cheval qui se gratte : causes et signes d’alerte pour le diagnostic différentiel du prurit.


La dermatophilose est-elle contagieuse ?

Elle peut être transmissible, particulièrement lorsque les conditions favorisent l’infection.

Le matériel provenant des lésions contient des micro-organismes capables de participer à la propagation.

La transmission peut notamment être favorisée par :

  • le contact avec des lésions infectées ;
  • du matériel contaminé ;
  • des couvertures ;
  • des brosses ;
  • certains insectes jouant un rôle mécanique.

Des épisodes touchant plusieurs chevaux peuvent survenir dans une même structure.

Il est donc prudent de ne pas partager le matériel d’un cheval présentant une dermatophilose active.


Peut-elle se transmettre à l’être humain ?

Oui, mais les cas humains restent rares.

Dermatophilus congolensis possède un potentiel zoonotique.

Une contamination peut survenir après contact direct avec des lésions infectées, notamment lorsque la peau humaine est lésée.

Pendant les soins :

  • portez des gants ;
  • évitez le contact direct avec les croûtes ;
  • lavez soigneusement les mains après manipulation ;
  • protégez les plaies présentes sur vos propres mains.

Cette précaution est particulièrement importante lorsque des croûtes infectées sont retirées ou manipulées.


Dermatophilose et gale de boue : quelle différence ?

C’est une distinction essentielle.

La dermatophilose est une infection provoquée spécifiquement par Dermatophilus congolensis.

La gale de boue, ou plus précisément dermatite du paturon, est un syndrome clinique qui peut avoir plusieurs causes :

  • irritatives ;
  • parasitaires ;
  • bactériennes ;
  • inflammatoires ;
  • vasculaires ;
  • environnementales.

Dermatophilus congolensis peut parfois être impliqué dans des lésions du paturon.

Mais une étude réalisée chez des chevaux présentant une dermatite du paturon a montré que la bactérie était rarement détectée dans cette population, tandis que Chorioptes constituait un diagnostic différentiel important chez les chevaux à fanons.

Dermatophilose et dermatite du paturon peuvent donc se chevaucher, mais elles ne sont pas synonymes.

Consultez notre guide complet sur la gale de boue chez le cheval et la dermatite du paturon.


Dermatophilose ou teigne : comment les différencier ?

La teigne, ou dermatophytose, est une infection fongique.

La dermatophilose est une infection bactérienne.

Dermatophilose

Elle est particulièrement associée à :

  • humidité prolongée ;
  • croûtes adhérentes ;
  • poils agglutinés ;
  • aspect en « pinceau » ;
  • douleur ou sensibilité variable.

Teigne

Elle provoque fréquemment :

  • dépilation ;
  • squames ;
  • lésions souvent circulaires ou irrégulières ;
  • extension progressive ;
  • transmission par contact ou matériel contaminé.

L’aspect visuel peut cependant être trompeur.

Une analyse de laboratoire peut être nécessaire lorsque le diagnostic n’est pas évident.


Dermatophilose ou dermite estivale ?

Les mécanismes sont complètement différents.

La dermatophilose est une infection bactérienne.

La dermatite estivale récidivante est une réaction d’hypersensibilité principalement liée aux piqûres de Culicoides.

La DERE provoque généralement un prurit intense, notamment au niveau :

  • de la crinière ;
  • du garrot ;
  • de la croupe ;
  • de la base de la queue.

La dermatophilose provoque davantage des lésions croûteuses, des poils agglutinés et une douleur cutanée.


Tableau : dermatophilose, dermatite du paturon et teigne

AffectionNaturePrésentation fréquentePoint important
DermatophiloseInfection bactérienne à D. congolensisCroûtes, poils agglutinés, lésions en pinceauHumidité et altération de la barrière cutanée favorisent l’infection
Dermatite du paturonSyndrome multifactorielCroûtes et inflammation du bas des membresPlusieurs causes possibles
TeigneInfection fongiqueDépilation, squames, lésions parfois circulairesContagieuse et transmissible par le matériel
DEREHypersensibilité aux insectesPrurit intense, crinière et queue frottéesNon contagieuse

Ce tableau sert à comprendre les différences générales mais ne remplace pas un diagnostic.


Comment le vétérinaire diagnostique-t-il une dermatophilose ?

L’aspect clinique et le contexte donnent souvent une forte suspicion.

Le vétérinaire prend notamment en compte :

  • l’apparition après une période humide ;
  • la distribution des lésions ;
  • leur aspect ;
  • la présence de croûtes attachées aux poils ;
  • la douleur ;
  • l’atteinte éventuelle d’autres chevaux.

Mais les lésions croûteuses ne sont pas spécifiques de la dermatophilose.

Un examen microscopique peut permettre de confirmer le diagnostic.


Cytologie des croûtes

La cytologie constitue l’un des examens les plus pratiques.

Le vétérinaire prélève généralement une croûte récente et active.

Le matériel provenant de la face profonde de la croûte peut être préparé puis coloré pour être examiné au microscope.

Dermatophilus congolensis possède une apparence microscopique très caractéristique avec des structures filamenteuses qui se divisent en rangées de cellules.

Cet aspect est parfois décrit comme ressemblant à des « rails de chemin de fer ».

La cytologie permet souvent d’obtenir rapidement une forte confirmation diagnostique.

Prélèvement vétérinaire pour diagnostiquer la dermatophilose du cheval
Image d’illustration générée par IA

Culture bactérienne

Une culture peut être réalisée lorsque :

  • le diagnostic reste incertain ;
  • les lésions sont atypiques ;
  • la maladie persiste ;
  • la réponse au traitement est insuffisante.

Elle permet d’isoler Dermatophilus congolensis.


PCR

Des techniques PCR existent également.

Une étude menée chez des chevaux a montré qu’une PCR quantitative pouvait détecter Dermatophilus congolensis dans certaines croûtes pour lesquelles la cytologie était négative.

La PCR peut donc être intéressante dans certaines situations, notamment lorsque la quantité d’organismes présents est faible.

Elle n’est toutefois pas nécessaire dans tous les cas.


Biopsie cutanée

Une biopsie est rarement nécessaire dans une dermatophilose typique.

Elle peut toutefois être utile lorsque :

  • les lésions sont chroniques ;
  • leur apparence est inhabituelle ;
  • plusieurs diagnostics sont possibles ;
  • les examens habituels ne permettent pas de conclure.

Comment traiter une dermatophilose chez le cheval ?

Le traitement repose sur plusieurs principes complémentaires :

  1. mettre fin à la macération et maintenir le cheval au sec ;
  2. prendre en charge les croûtes et le matériel infecté sans traumatiser la peau ;
  3. utiliser un traitement antimicrobien adapté lorsque nécessaire ;
  4. éviter la propagation à d’autres chevaux.

Le traitement doit être adapté à l’étendue et à la sévérité des lésions.


1. Maintenir la peau au sec

C’est une mesure essentielle.

Le cheval doit si possible disposer :

  • d’un abri sec ;
  • d’une litière propre et sèche ;
  • d’une couverture sèche lorsqu’une couverture est nécessaire ;
  • d’une ventilation correcte.

Ces mesures s’intègrent dans une gestion plus globale de l’environnement. Retrouvez également nos conseils sur l’hygiène de l’écurie pour limiter les facteurs favorisant certaines maladies de peau.

Une couverture constamment humide ne doit pas rester sur une peau atteinte.

Les changements de gestion qui interrompent la macération constituent une partie importante du traitement.


2. Faut-il tondre le cheval ?

Pas systématiquement.

Une tonte locale peut être utile lorsqu’un pelage très dense :

  • empêche d’examiner correctement les lésions ;
  • ralentit fortement le séchage ;
  • empêche l’application d’un traitement local.

Elle doit cependant être réalisée avec prudence.

Une peau inflammatoire peut être douloureuse et le matériel de tonte peut également devenir contaminé.

La tondeuse doit donc être soigneusement nettoyée et désinfectée après utilisation.


3. Faut-il enlever les croûtes ?

Certaines croûtes doivent être retirées pour permettre :

  • le nettoyage ;
  • le séchage ;
  • l’accès des traitements topiques.

Mais elles ne doivent pas être arrachées brutalement à sec.

Les croûtes adhérentes peuvent être douloureuses.

Lorsqu’un retrait est nécessaire, elles peuvent être ramollies puis éliminées progressivement selon les recommandations du vétérinaire.

Le matériel retiré doit être considéré comme potentiellement infectieux.

Ne le laissez pas tomber dans :

  • le box ;
  • l’aire de pansage ;
  • la litière ;
  • le paddock.

Il doit être récupéré et éliminé de manière appropriée.


4. Les antiseptiques sont-ils utiles ?

Oui.

Un traitement topique antibactérien peut constituer une partie importante de la prise en charge.

La chlorhexidine fait partie des antiseptiques utilisés dans la dermatophilose.

Le Merck Veterinary Manual cite notamment des shampooings antimicrobiens contenant environ 2 à 4 % de chlorhexidine comme traitement topique complémentaire efficace.

Cela ne signifie pas qu’il faut appliquer quotidiennement une solution concentrée sans protocole.

La formulation, le temps de contact, le rinçage et la fréquence doivent être adaptés au produit et à l’état de la peau.

Après un lavage, le séchage complet est essentiel.


5. Les antibiotiques sont-ils toujours nécessaires ?

Non.

Tous les chevaux atteints de dermatophilose n’ont pas besoin d’une antibiothérapie systémique.

Dans certaines formes superficielles, la combinaison :

  • mise au sec ;
  • gestion des croûtes ;
  • traitement topique antibactérien ;

peut être suffisante.

Une antibiothérapie systémique peut en revanche être envisagée par le vétérinaire lorsque l’infection est :

  • sévère ;
  • étendue ;
  • chronique ;
  • douloureuse ;
  • associée à des complications.

La présence de quelques croûtes ne justifie donc pas automatiquement des antibiotiques généraux.


Les huiles naturelles sont-elles utiles ?

Elles ne doivent pas être présentées comme le traitement standard de la dermatophilose.

Certaines substances végétales possèdent des effets antimicrobiens étudiés expérimentalement et quelques travaux ont évalué certains produits chez le cheval.

Cela ne justifie toutefois pas de remplacer les traitements dont l’utilisation clinique est mieux établie par :

  • calendula ;
  • millepertuis ;
  • huiles essentielles ;
  • mélanges artisanaux.

Une peau inflammatoire ou dépilée peut également être irritée par certains produits.

Le choix du traitement doit être fondé sur le diagnostic et l’état de la peau, et non sur le caractère « naturel » du produit.


Faut-il isoler le cheval ?

Lorsqu’une dermatophilose active est diagnostiquée ou fortement suspectée, séparer le matériel et limiter les contacts susceptibles de transmettre du matériel infectieux est prudent.

Selon la situation, il peut être utile de :

  • utiliser des brosses individuelles ;
  • utiliser une couverture individuelle ;
  • ne pas partager les tapis ou le harnachement ;
  • nettoyer et désinfecter le matériel ;
  • éviter le contact direct entre des lésions actives et d’autres chevaux.

Dans une structure où plusieurs chevaux présentent des lésions, une gestion collective de biosécurité est particulièrement importante.


Comment nettoyer le matériel ?

Les objets ayant été directement en contact avec les lésions doivent être nettoyés.

Cela concerne notamment :

  • brosses ;
  • étrilles ;
  • couvertures ;
  • tapis ;
  • matériel de tonte ;
  • certains équipements de pansage.

Commencez par retirer les matières organiques et les poils.

Utilisez ensuite une méthode de nettoyage et de désinfection compatible avec le matériau et le produit utilisé.

Un désinfectant est beaucoup moins efficace lorsque la surface reste couverte de croûtes, poils, terre ou autres matières organiques.

Le matériel propre doit être complètement séché avant réutilisation.


Peut-on monter un cheval atteint de dermatophilose ?

Cela dépend de la localisation et de la douleur.

Une petite zone située loin du matériel peut parfois ne pas empêcher tout exercice.

En revanche, évitez de seller ou de travailler normalement un cheval lorsque :

  • les lésions sont situées sous la selle ;
  • le tapis frotte une zone atteinte ;
  • la peau est douloureuse ;
  • les lésions sont étendues ;
  • les membres sont gonflés ou douloureux ;
  • le cheval présente une gêne locomotrice.

Un équipement frottant directement une dermatophilose active risque d’augmenter :

  • la douleur ;
  • les microtraumatismes ;
  • l’humidité ;
  • l’extension des lésions.

Quand faut-il appeler le vétérinaire ?

Un examen vétérinaire est recommandé notamment lorsque :

  • le diagnostic n’est pas certain ;
  • les lésions sont étendues ;
  • le cheval est très douloureux ;
  • plusieurs chevaux sont atteints ;
  • les membres gonflent ;
  • une boiterie apparaît ;
  • les lésions s’étendent malgré les soins ;
  • du pus important est présent ;
  • le cheval présente de la fièvre ou une altération de l’état général ;
  • les lésions récidivent ;
  • les soins locaux correctement réalisés ne donnent pas d’amélioration.

Des croûtes persistantes ne doivent pas entraîner une succession indéfinie de shampooings, crèmes et antibiotiques sans confirmation diagnostique.


Comment prévenir la dermatophilose ?

Prévention de la dermatophilose cheval en limitant l’humidité prolongée
Image d’illustration générée par IA

La prévention repose surtout sur la protection de la barrière cutanée et la réduction des situations favorisant la macération.

Éviter que le cheval reste mouillé en permanence

Après une période de pluie importante :

  • surveillez régulièrement le pelage ;
  • vérifiez que la peau peut sécher ;
  • fournissez un abri lorsque cela est nécessaire ;
  • remplacez une couverture humide.

Vérifier régulièrement les chevaux à poil long

Pendant l’hiver, passez les mains dans le pelage pour rechercher :

  • petites croûtes ;
  • zones douloureuses ;
  • poils agglutinés ;
  • plaques humides.

Les premières lésions peuvent être difficiles à voir sous un poil épais.


Éviter les couvertures humides ou mal adaptées

Une couverture doit être :

  • propre ;
  • sèche ;
  • adaptée au cheval ;
  • régulièrement retirée pour examiner la peau.

La transpiration excessive sous une couverture peut également contribuer à maintenir l’humidité.


Ne pas partager le matériel d’un cheval atteint

Pendant un épisode :

  • séparez les brosses ;
  • les couvertures ;
  • les tapis ;
  • le matériel de pansage.

Nettoyez et désinfectez avant toute réutilisation sur un autre cheval.


Limiter les microtraumatismes

Une peau lésée devient plus facile à coloniser.

Surveillez :

  • matériel qui frotte ;
  • insectes piqueurs ;
  • blessures superficielles ;
  • irritation sous les équipements.

Quelles sont les erreurs fréquentes ?

Penser que la bactérie vient simplement du fumier ou du sol

Le réservoir naturel de Dermatophilus congolensis n’est pas clairement établi.

Il ne faut donc pas expliquer la dermatophilose simplement par :

« la bactérie vit dans le fumier ou dans la terre ».

Le rôle de l’humidité et de la fragilisation de la peau est beaucoup mieux établi.


Penser qu’un manque d’hygiène est nécessairement responsable

Un cheval correctement entretenu peut développer une dermatophilose après une période de forte humidité.

L’hygiène est importante pour limiter la contamination et les complications, mais elle n’explique pas à elle seule l’apparition de la maladie.


Arracher toutes les croûtes à sec

Cela peut être très douloureux et traumatiser davantage la peau.


Continuer à laisser le cheval humide

Un traitement topique sera beaucoup moins efficace si la peau reste continuellement macérée.


Appliquer des huiles naturelles comme traitement principal

Leur efficacité clinique n’est pas suffisamment établie pour remplacer une prise en charge antimicrobienne et environnementale adaptée.


Donner automatiquement des antibiotiques

Une antibiothérapie systémique n’est pas nécessaire dans toutes les formes.


Appeler toute dermatite du paturon « dermatophilose »

C’est une erreur.

La dermatite du paturon possède de nombreuses causes possibles et Dermatophilus congolensis n’en explique qu’une partie.


Dermatophilose chez le cheval : tableau récapitulatif

ÉlémentÀ retenir
AgentDermatophilus congolensis
NatureInfection bactérienne superficielle
Principal facteur favorisantHumidité prolongée + altération de la barrière cutanée
Zones fréquentesDos, croupe, encolure, parfois membres
Lésion caractéristiquePoils agglutinés dans une croûte, aspect en « pinceau »
PruritVariable, souvent moins marqué que la douleur
Diagnostic pratiqueCytologie d’une croûte active
Traitement localMise au sec + soins des croûtes + traitement antibactérien adapté
Antibiotiques systémiquesRéservés à certaines formes sévères, étendues ou chroniques
TransmissionPossible par lésions, matériel contaminé et probablement certains vecteurs mécaniques
Risque humainRare mais possible
PréventionGarder la peau sèche, limiter microtraumatismes et contamination du matériel

FAQ — Dermatophilose du cheval

La dermatophilose est-elle une bactérie ou un champignon ?

C’est une infection bactérienne provoquée par Dermatophilus congolensis, un actinomycète.

Ce microorganisme possède une morphologie particulière qui a parfois contribué historiquement à la confusion avec des champignons.

La dermatophilose est-elle une gale de boue ?

Non.

La dermatophilose peut atteindre les paturons, mais la dermatite du paturon est un syndrome beaucoup plus large pouvant avoir plusieurs causes.

La dermatophilose est-elle contagieuse ?

Elle peut se transmettre entre animaux lorsque les conditions sont favorables, notamment par contact avec du matériel infectieux ou des objets contaminés.

Il est donc recommandé de ne pas partager le matériel d’un cheval atteint.

Les croûtes doivent-elles être retirées ?

Le retrait de certaines croûtes peut faciliter les soins locaux, mais elles doivent être ramollies et retirées progressivement lorsqu’elles sont adhérentes.

Il ne faut pas les arracher brutalement.

La chlorhexidine traite-t-elle la dermatophilose ?

Des shampooings antimicrobiens à base de chlorhexidine font partie des traitements topiques utilisés.

Ils doivent toutefois être employés selon une concentration, une fréquence et un protocole adaptés.

Le séchage de la peau reste essentiel.

Faut-il systématiquement donner des antibiotiques ?

Non.

Les traitements systémiques sont surtout envisagés dans certaines formes sévères, étendues ou persistantes.

Mon cheval peut-il attraper la dermatophilose sous une couverture ?

Une couverture ne crée pas la bactérie, mais une couverture restant humide ou favorisant une macération prolongée peut contribuer à créer des conditions favorables à l’infection.

La dermatophilose peut-elle guérir seule ?

Certaines formes aiguës peuvent régresser lorsque les conditions favorisant l’infection disparaissent.

Chez le cheval, les lésions étant souvent douloureuses et potentiellement transmissibles, il reste préférable de mettre rapidement en place une gestion appropriée plutôt que d’attendre passivement.

La dermatophilose peut-elle revenir ?

Oui.

Une récidive peut survenir si les conditions favorisant la macération et les microtraumatismes persistent ou si une source infectieuse reste présente.

Conclusion

La dermatophilose chez le cheval est une infection cutanée bactérienne provoquée par Dermatophilus congolensis.

L’humidité prolongée et l’altération de la barrière cutanée jouent un rôle majeur dans son développement, mais la maladie ne doit pas être simplement attribuée à la pluie, au fumier ou à un manque d’hygiène.

Les lésions typiques associent notamment :

  • poils agglutinés ;
  • croûtes ;
  • dépilation ;
  • inflammation ;
  • douleur variable.

La cytologie d’une croûte active constitue un moyen particulièrement utile pour confirmer le diagnostic.

Le traitement repose sur trois principes essentiels :

garder le cheval et sa peau au sec, prendre en charge les lésions sans traumatisme et utiliser un traitement antimicrobien adapté lorsque cela est nécessaire.

Enfin, la dermatophilose ne doit pas être confondue avec toutes les dermatites du paturon.

Lorsque le diagnostic est incertain, identifier précisément la maladie est plus utile que multiplier les shampooings, les crèmes ou les antibiotiques au hasard.


Sources et références

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