Cheval qui se gratte la crinière avec légère perte de poils

Cheval qui se gratte : causes, signes d’alerte et quand s’inquiéter

Un cheval qui se gratte occasionnellement contre un mur, une clôture ou un arbre ne présente pas forcément un problème de santé. Le renouvellement du poil, la transpiration, la poussière ou le passage temporaire d’insectes peuvent provoquer quelques frottements.

En revanche, lorsqu’un cheval se gratte fréquemment, intensément ou toujours au même endroit, il faut rechercher la cause.

En médecine vétérinaire, cette sensation de démangeaison est appelée prurit.

Le prurit est un signe clinique, pas un diagnostic. Il peut être provoqué par une dermite estivale, des poux, des acariens, des oxyures, une allergie, une infection cutanée ou d’autres affections dermatologiques.

Les frottements répétés peuvent ensuite provoquer des lésions secondaires et rendre plus difficile l’identification du problème initial.

À retenir : un cheval qui se gratte n’est pas automatiquement atteint de dermite estivale. La saison, la localisation des démangeaisons, l’aspect de la peau et l’atteinte éventuelle d’autres chevaux sont essentiels pour orienter le diagnostic.

Pour une vue générale des maladies cutanées, consultez également notre guide sur les dermatoses chez le cheval.


Cheval qui se gratte : quand est-ce anormal ?

Un frottement occasionnel peut être physiologique.

Le comportement devient davantage préoccupant lorsque le cheval :

  • se gratte plusieurs fois par jour avec insistance ;
  • cherche constamment un support pour se frotter ;
  • se mordille ou se lèche certaines régions ;
  • frappe ou mord ses membres ;
  • agite fortement la queue ;
  • détruit sa crinière ou les crins de sa queue ;
  • provoque lui-même des plaies ;
  • devient agité ou irritable ;
  • interrompt régulièrement son alimentation ou son repos pour se gratter.

Il faut également examiner la peau.

Des démangeaisons associées à une dépilation, des croûtes, des squames, des papules, une rougeur, un épaississement cutané, un suintement ou une mauvaise odeur méritent davantage d’attention.


Quels signes rechercher sur la peau ?

Le grattage modifie rapidement l’aspect des lésions.

Au début, une maladie peut provoquer seulement quelques papules ou une légère rougeur. Après plusieurs jours de frottements, le propriétaire observe surtout les conséquences du prurit :

  • poils cassés ;
  • crins arrachés ;
  • zones dépilées ;
  • excoriations ;
  • croûtes ;
  • petites plaies ;
  • épaississement de la peau dans les formes chroniques.

Une infection secondaire peut également se développer sur une peau traumatisée.

C’est pourquoi il est utile de rechercher où les premières lésions sont apparues, et pas seulement où le cheval se gratte aujourd’hui.


Pourquoi un cheval se gratte-t-il ?

Les causes sont nombreuses.

Chez le cheval, les grandes catégories à envisager sont notamment :

  • les allergies, particulièrement l’hypersensibilité aux piqûres d’insectes ;
  • les ectoparasites comme les poux et certains acariens ;
  • certains parasites internes provoquant un prurit localisé ;
  • les infections cutanées ;
  • certaines dermatophytoses ;
  • les réactions à des produits ou irritants ;
  • plus rarement, d’autres maladies dermatologiques ou parasitaires.

La localisation et la saison permettent souvent de mieux orienter la recherche.

Causes de démangeaisons chez le cheval : dermite estivale, poux, gale et oxyures

1. Dermite estivale : une cause majeure de prurit saisonnier

La dermatite estivale récidivante des équidés (DERE) constitue une cause importante de prurit chez le cheval.

Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité principalement dirigée contre les allergènes présents dans la salive de petits moucherons du genre Culicoides.

Le tableau est généralement saisonnier.

Les premiers signes apparaissent pendant la période d’activité des insectes, souvent du printemps à l’automne dans les régions tempérées, avec une période potentiellement plus longue dans les climats chauds.

Quelles zones sont fréquemment touchées ?

Les lésions concernent souvent :

  • la crinière ;
  • l’encolure ;
  • le garrot ;
  • la croupe ;
  • la base de la queue.

Une atteinte ventrale est également possible chez certains chevaux.

Le cheval se frotte fortement, casse ses crins et provoque progressivement :

  • dépilation ;
  • croûtes ;
  • excoriations ;
  • petites plaies ;
  • épaississement chronique de la peau.

Un prurit qui réapparaît chaque année pendant la saison des insectes et touche principalement la crinière et la queue est donc très évocateur.

Il ne suffit toutefois pas, à lui seul, à confirmer une DERE.

Consultez notre guide complet sur la dermite estivale chez le cheval, ainsi que nos articles consacrés à sa prévention et à son traitement.


2. Les poux peuvent provoquer d’importantes démangeaisons

Une infestation par les poux, appelée phtiriose, peut provoquer un prurit important.

La phtiriose peut être observée presque toute l’année, mais les infestations sont particulièrement fréquentes en fin d’hiver et au début du printemps, lorsque le pelage est plus long.

Le cheval peut :

  • se gratter ;
  • se mordiller ;
  • se frotter ;
  • présenter un poil ébouriffé ;
  • perdre des poils ;
  • développer des squames ;
  • présenter des excoriations dans les formes importantes.

Les lésions peuvent notamment concerner :

  • la tête ;
  • l’encolure ;
  • la crinière ;
  • le dos ;
  • les épaules ;
  • la base de la queue.

Les poux peuvent parfois être observés directement en séparant soigneusement les poils, tandis que leurs œufs peuvent rester attachés aux poils.

Un cheval en bon état peut-il avoir des poux ?

Oui.

Les infestations importantes sont favorisées notamment par un poil long, la vie en groupe, certaines conditions d’entretien et un état général ou immunitaire altéré. Les jeunes chevaux peuvent également être davantage concernés.

Lorsque plusieurs chevaux vivant ensemble commencent à se gratter, une parasitose transmissible doit faire partie des hypothèses.

Le matériel de pansage ne doit alors pas être partagé avant clarification du diagnostic.


3. Les acariens et la gale

Différents acariens peuvent provoquer des dermatoses chez le cheval.

Différents acariens peuvent provoquer des dermatoses prurigineuses chez le cheval. Certaines formes de gale sont rares, tandis que la gale chorioptique reste particulièrement importante à envisager chez les chevaux présentant un prurit des membres distaux, notamment lorsqu’ils possèdent des fanons abondants.

Gale chorioptique

La gale chorioptique concerne principalement les membres distaux.

Elle est particulièrement importante à envisager chez les chevaux possédant des fanons abondants.

Le cheval peut :

  • se gratter les membres ;
  • se mordiller ;
  • frapper le sol ;
  • taper ses membres l’un contre l’autre ;
  • présenter des squames ;
  • développer des croûtes ;
  • perdre des poils ;
  • présenter progressivement un épaississement de la peau.

Le tableau peut devenir chronique.

Le diagnostic peut nécessiter la recherche des acariens à partir de prélèvements cutanés adaptés.

Les fanons doivent-ils être tondus ?

Pas automatiquement.

La décision dépend de l’état des lésions, de la quantité de poils et des examens ou traitements envisagés.

Chez certains chevaux très fournis, raccourcir les poils peut néanmoins faciliter l’examen de la peau et la prise en charge.


4. Oxyures : penser au cheval qui se frotte la queue

Un cheval qui se frotte fortement la queue n’est pas forcément atteint de dermite estivale.

Les oxyures, notamment Oxyuris equi, doivent également être envisagés.

Les femelles adultes migrent vers l’anus pour déposer leurs œufs sur la peau de la région péri-anale.

Le matériel associé aux œufs peut provoquer une irritation importante.

Le cheval se frotte alors :

  • la base de la queue ;
  • la croupe ;
  • la région péri-anale.

Les crins peuvent devenir cassés, ébouriffés ou disparaître sur certaines zones.

Une coproscopie classique permet-elle de diagnostiquer les oxyures ?

Pas de manière fiable.

Les œufs sont essentiellement déposés sur la peau péri-anale et ne sont pas nécessairement retrouvés dans les fèces.

Le vétérinaire peut utiliser un prélèvement effectué directement autour de l’anus, notamment à l’aide d’un ruban adhésif transparent, puis rechercher les œufs au microscope.

C’est un exemple important montrant pourquoi vermifuger au hasard un cheval qui se frotte la queue n’est pas une démarche diagnostique suffisante.


5. Dermatophytose ou teigne

La teigne est une infection fongique, et non un parasite cutané.

Elle peut provoquer :

  • zones dépilées ;
  • squames ;
  • croûtes ;
  • rougeur variable.

Les lésions peuvent être circulaires, mais elles ne présentent pas toujours l’aspect parfaitement rond souvent imaginé.

Le prurit n’est pas nécessairement aussi intense que dans une DERE ou certaines parasitoses.

La dermatophytose reste néanmoins importante à reconnaître car elle est contagieuse et peut se transmettre :

  • directement entre chevaux ;
  • par les brosses ;
  • par les couvertures ;
  • par les tapis ;
  • par le harnachement ou d’autres équipements contaminés.

Le diagnostic peut être confirmé par l’examen des poils et squames, une culture fongique ou d’autres techniques adaptées.

Lorsque plusieurs chevaux présentent des zones dépilées et squameuses, évitez de partager le matériel jusqu’à clarification du diagnostic.


6. Les infections cutanées peuvent provoquer ou aggraver un prurit

Certaines infections cutanées peuvent provoquer des démangeaisons.

Mais une autre situation est également fréquente : le cheval se gratte d’abord pour une autre raison, puis la peau traumatisée développe une infection secondaire.

Le tableau devient alors plus complexe.

Des signes comme :

  • chaleur ;
  • douleur ;
  • suintement ;
  • mauvaise odeur ;
  • pustules ;
  • extension rapide des lésions

doivent faire rechercher une complication infectieuse.

Il ne faut donc pas traiter automatiquement tout cheval qui se gratte avec un antibiotique ou un antiseptique puissant.

La priorité reste d’identifier la cause initiale du prurit.


7. Allergies et réactions d’hypersensibilité

Les piqûres d’insectes représentent une cause majeure de prurit allergique chez le cheval, mais d’autres réactions d’hypersensibilité peuvent exister.

Le contexte apporte alors des informations importantes :

  • saison particulière ;
  • changement récent de produit ;
  • nouvelle litière ;
  • shampooing ou produit de pansage ;
  • médicament récent ;
  • changement d’environnement ;
  • exposition inhabituelle à des végétaux ou autres substances.

Faut-il immédiatement suspecter une allergie alimentaire ?

Non.

Une allergie alimentaire est possible chez le cheval, mais les cas documentés sont beaucoup moins fréquents que ne le laisse parfois penser l’usage du terme « allergie ».

Une démangeaison ne doit donc pas conduire automatiquement à supprimer plusieurs aliments de la ration sans véritable démarche diagnostique.


8. Urticaire : les plaques ne démangent pas toujours

L’urticaire provoque typiquement des plaques ou gonflements cutanés en relief qui apparaissent parfois brutalement.

Ces lésions peuvent être liées à différentes réactions d’hypersensibilité.

Le prurit est variable : certains chevaux se grattent, d’autres non.

Il est utile de rechercher un événement récent :

  • médicament ;
  • piqûres d’insectes ;
  • changement de produit ;
  • exposition environnementale inhabituelle.

Une urticaire persistante ou récidivante mérite une investigation.

Un gonflement brutal important de la tête associé à une difficulté respiratoire constitue en revanche une urgence vétérinaire.


9. Irritation, transpiration et produits appliqués sur la peau

Toutes les démangeaisons ne sont pas dues à une maladie infectieuse, allergique ou parasitaire.

Une irritation locale peut être associée à :

  • transpiration importante ;
  • frottement répété d’un équipement ;
  • accumulation de saleté sous un matériel ;
  • shampooing mal rincé ;
  • produit cutané irritant ;
  • utilisation excessive d’antiseptiques ;
  • huiles essentielles ;
  • préparations artisanales ;
  • certains répulsifs appliqués sur une peau déjà lésée.

La localisation est alors particulièrement utile.

Un prurit uniquement situé sous une sangle, une couverture ou un autre équipement doit conduire à examiner attentivement la peau mais également l’ajustement, la propreté et l’état du matériel.


10. Certaines parasitoses cutanées sont moins fréquentes mais possibles

D’autres maladies parasitaires peuvent provoquer un prurit.

Onchocercose cutanée

Les microfilaires d’Onchocerca cervicalis peuvent être associées à certaines dermatites du cheval.

Les lésions peuvent notamment comporter :

  • dépilation ;
  • squames ;
  • croûtes ;
  • zones inflammatoires ;
  • parfois prurit.

Certaines lésions concernent la ligne ventrale, le visage, l’encolure, le poitrail ou d’autres régions.

Cependant, la relation entre la présence du parasite et certaines lésions peut être complexe : des chevaux hébergent des microfilaires sans présenter de dermatose.

Le diagnostic ne doit donc pas être posé uniquement sur l’apparence des lésions.

Habronémose cutanée

L’habronémose cutanée, ou « plaie d’été », est provoquée lorsque des larves de nématodes des genres Habronema ou Draschia, transportées par certaines mouches, sont déposées sur une plaie préexistante ou sur des tissus humides.

Les lésions apparaissent notamment pendant la saison des mouches et peuvent être :

  • inflammatoires ;
  • ulcérées ;
  • prurigineuses ;
  • persistantes ;
  • difficiles à cicatriser.

Une lésion estivale qui augmente de taille, démange et ne cicatrise pas normalement mérite donc un examen vétérinaire.


La localisation des démangeaisons peut-elle orienter la cause ?

Oui, mais elle ne permet pas de poser un diagnostic à elle seule.

Localisation des démangeaisons chez le cheval selon les causes possibles
Zone principalement touchéeCauses à envisager parmi d’autres
Crinière, garrot, croupe, base de queue en saison des insectesDERE / hypersensibilité aux insectes
Base de queue et région péri-analeOxyures, DERE, autres causes de prurit
Membres distaux avec fanons abondantsGale chorioptique, autres dermatoses du paturon
Tête, encolure, dos, base de queue avec squames en hiverPoux notamment
Zones dépilées et squameuses, parfois sous selle ou sangleDermatophytose à envisager
Une seule zone sous un équipementFrottement, irritation, dermatose locale
Ligne ventrale ou autres zones avec lésions chroniques atypiquesHypersensibilité aux insectes, onchocercose et autres diagnostics
Plaie estivale prurigineuse qui ne cicatrise pasHabronémose cutanée à envisager
Prurit diffus sans saisonnalité évidenteParasites, allergies, infections et autres dermatoses

Ce tableau sert uniquement à orienter la réflexion.

Plusieurs maladies peuvent toucher les mêmes régions.


La saison apporte-t-elle des informations ?

Oui.

La saisonnalité est particulièrement utile lors de l’anamnèse.

Printemps et été

Une récidive correspondant à l’activité des insectes oriente particulièrement vers une hypersensibilité aux piqûres, notamment la DERE.

Automne et hiver

Certaines infestations par les poux deviennent plus évidentes lorsque le pelage est long.

Toute l’année

Des causes parasitaires, infectieuses, irritatives ou allergiques peuvent être rencontrées indépendamment de la saison.

Le climat local doit également être pris en compte.

Dans une région chaude, la période d’activité des insectes peut être beaucoup plus longue que dans un climat tempéré.


Comment le vétérinaire recherche-t-il la cause ?

Le diagnostic commence par une anamnèse dermatologique précise.

Le vétérinaire cherche notamment à savoir :

  • quand le prurit a commencé ;
  • s’il est saisonnier ;
  • quelle région a été touchée en premier ;
  • si le cheval présente le même problème chaque année ;
  • si d’autres chevaux se grattent ;
  • si un changement d’écurie ou de pâture a eu lieu ;
  • si de nouveaux produits ont été appliqués ;
  • quels traitements ont déjà été utilisés ;
  • si ces traitements ont amélioré ou modifié les lésions.

L’ensemble du cheval doit ensuite être examiné, même si le propriétaire n’a remarqué qu’une seule zone.

Examen vétérinaire d’un cheval qui se gratte avec prélèvement cutané

Quels examens peuvent être nécessaires ?

Le choix dépend du tableau clinique.

Recherche de parasites et raclages cutanés

Des raclages ou d’autres prélèvements peuvent être utilisés pour rechercher certains acariens ou parasites.

Un résultat négatif ne permet pas toujours d’exclure immédiatement toutes les parasitoses : la méthode et la zone de prélèvement sont importantes.

Examen des poils, croûtes et squames

Ils peuvent être utiles lors de suspicion :

  • de poux ;
  • de dermatophytose ;
  • d’infection ;
  • de certaines autres dermatoses.

Cytologie

L’examen microscopique de cellules ou de matériel prélevé sur une lésion peut rechercher une infection ou préciser le type d’inflammation.

Recherche d’Oxyuris equi

Lorsque le cheval se frotte principalement la région péri-anale et la base de la queue, un prélèvement péri-anal est beaucoup plus informatif qu’une simple coproscopie classique pour rechercher les œufs d’oxyures.

Culture ou PCR

Certaines infections, notamment fongiques, peuvent nécessiter une confirmation spécifique.

Biopsie cutanée

Une biopsie peut être indiquée lorsque les lésions :

  • sont atypiques ;
  • persistent ;
  • récidivent ;
  • ne répondent pas aux traitements ;
  • font suspecter une maladie inflammatoire, parasitaire ou tumorale plus complexe.

Plusieurs examens ou plusieurs visites peuvent parfois être nécessaires avant d’obtenir un diagnostic définitif.


Que faire lorsqu’un cheval commence à se gratter ?

Avant de multiplier les traitements, commencez par observer et documenter.

Photographiez les lésions.

Notez :

  • la date d’apparition ;
  • les premières zones atteintes ;
  • la fréquence du grattage ;
  • la météo ;
  • les changements d’environnement ;
  • les nouveaux produits utilisés ;
  • les traitements déjà administrés.

Regardez également si d’autres chevaux présentent des symptômes.


Que faut-il éviter avant l’examen vétérinaire ?

Lorsque l’état du cheval permet d’attendre l’examen, évitez de masquer inutilement les lésions avec de nombreux produits.

Évitez notamment :

  • d’appliquer successivement plusieurs crèmes ;
  • de multiplier les shampooings ;
  • d’utiliser des huiles essentielles sur une peau lésée ;
  • d’appliquer des produits caustiques ou fortement irritants ;
  • de retirer brutalement toutes les croûtes ;
  • de donner un antiparasitaire uniquement parce que « le cheval se gratte » ;
  • d’utiliser des médicaments prescrits lors d’un ancien épisode sans réévaluation.

Des traitements appliqués juste avant l’examen peuvent modifier l’aspect des lésions et compliquer le diagnostic.


Faut-il isoler le cheval ?

Pas systématiquement.

La DERE et de nombreuses allergies ne sont pas contagieuses.

En revanche, si plusieurs chevaux sont atteints ou si une teigne, une parasitose transmissible ou une autre affection contagieuse est possible, il est prudent en attendant le diagnostic :

  • de ne pas partager les brosses ;
  • d’utiliser des couvertures individuelles ;
  • de ne pas partager les tapis ;
  • de nettoyer le matériel ;
  • de limiter les contacts étroits lorsque cela est raisonnablement possible.

L’objectif n’est pas d’isoler tous les chevaux qui se grattent, mais d’éviter une transmission lorsqu’une cause contagieuse est plausible.


Quand faut-il appeler le vétérinaire ?

Un avis vétérinaire est particulièrement indiqué lorsque :

  • le prurit est intense ou persistant ;
  • le cheval se blesse en se grattant ;
  • les lésions s’étendent ;
  • une grande quantité de poils ou de crins disparaît ;
  • la peau devient épaissie ou douloureuse ;
  • des croûtes importantes apparaissent ;
  • un suintement ou une mauvaise odeur est présent ;
  • une infection secondaire est suspectée ;
  • plusieurs chevaux sont atteints ;
  • le problème récidive régulièrement ;
  • le traitement empirique ne fonctionne pas ;
  • les démangeaisons affectent le repos, l’alimentation ou le comportement du cheval ;
  • la cause reste incertaine.

Un cheval présentant un gonflement important et brutal de la tête associé à une difficulté respiratoire doit être considéré comme une urgence.


Pourquoi faut-il éviter de traiter uniquement le prurit ?

Un traitement antiprurigineux peut améliorer rapidement le confort du cheval, mais il ne remplace pas la recherche de la cause.

Par exemple :

  • une DERE nécessite principalement une réduction de l’exposition aux insectes ;
  • des poux nécessitent une prise en charge antiparasitaire adaptée ;
  • une teigne nécessite une stratégie antifongique et des mesures contre la transmission ;
  • des oxyures nécessitent un diagnostic et un programme antiparasitaire appropriés ;
  • une infection secondaire nécessite une prise en charge spécifique.

Supprimer temporairement la démangeaison sans identifier la maladie peut donc donner une fausse impression de guérison.


Peut-on prévenir toutes les causes de prurit ?

Non.

La prévention dépend de la cause.

Quelques mesures restent cependant utiles :

  • observer régulièrement la peau pendant le pansage ;
  • contrôler la crinière, la queue, le ventre et les membres ;
  • ne pas partager le matériel avec un cheval présentant une dermatose potentiellement contagieuse ;
  • maintenir couvertures, tapis et brosses propres ;
  • utiliser les répulsifs et protections contre les insectes de manière adaptée ;
  • surveiller plus étroitement les chevaux présentant une DERE connue ;
  • mettre en place un programme raisonné de contrôle parasitaire avec le vétérinaire ;
  • éviter les produits cutanés agressifs ou inutiles.

Un pansage régulier permet de détecter précocement les lésions, mais brosser davantage ne traite pas une parasitose, une allergie ou une infection.


Cheval qui se gratte : tableau récapitulatif

Situation observéeHypothèse à envisagerPoint important
Prurit saisonnier crinière/queueDERETrès prurigineuse, liée surtout aux Culicoides
Prurit + squames avec poil d’hiverPouxPeut toucher plusieurs chevaux
Prurit des membres avec fanonsGale chorioptiqueRecherche d’acariens parfois nécessaire
Queue fortement frottée, irritation péri-analeOxyuresPrélèvement péri-anal plus utile qu’une coproscopie classique
Zones dépilées et squameusesDermatophytoseContagieuse
Plaques cutanées en reliefUrticaire / hypersensibilitéPrurit variable
Plaie estivale chronique et prurigineuseHabronémose cutanéeExamen vétérinaire conseillé
Lésions atypiques chroniquesAutres dermatosesExamens complémentaires parfois nécessaires

FAQ — Cheval qui se gratte

Pourquoi mon cheval se gratte-t-il la crinière ?

Une DERE est une cause importante, particulièrement lorsque le prurit est saisonnier.

Des poux, d’autres ectoparasites, des irritations et diverses dermatoses peuvent cependant produire des signes proches.

Pourquoi mon cheval se frotte-t-il la queue ?

Les principales hypothèses comprennent notamment la DERE et les oxyures.

La localisation exacte est importante : une irritation marquée autour de l’anus oriente davantage vers Oxyuris equi, alors qu’une atteinte saisonnière associée de la crinière, du garrot et de la croupe est plus compatible avec une DERE.

Une coproscopie négative exclut-elle les oxyures ?

Non.

Les œufs d’Oxyuris equi sont principalement déposés sur la peau autour de l’anus. Une recherche spécifique sur la région péri-anale est donc plus appropriée.

Un cheval qui se gratte a-t-il forcément des parasites ?

Non.

Parasites, allergies, infections et irritations peuvent tous provoquer du prurit.

La teigne démange-t-elle ?

Elle peut être associée à une irritation ou à un certain degré de prurit, mais les signes dominants sont souvent les zones dépilées, les squames et les croûtes.

Son importance vient également de son caractère contagieux.

La dermite estivale est-elle contagieuse ?

Non.

La DERE est une réaction d’hypersensibilité aux piqûres d’insectes chez un cheval prédisposé.

Peut-on vermifuger un cheval simplement parce qu’il se gratte la queue ?

Ce n’est pas une bonne démarche diagnostique.

Plusieurs maladies provoquent un frottement de la queue, et l’efficacité des molécules antiparasitaires varie selon les parasites et les résistances présentes.

Faut-il changer l’alimentation d’un cheval qui se gratte ?

Pas systématiquement.

Une allergie alimentaire existe mais ne constitue pas l’explication à retenir automatiquement. Une modification importante de ration sans diagnostic peut compliquer inutilement la situation.

Quand les démangeaisons deviennent-elles préoccupantes ?

Lorsqu’elles sont répétées, intenses, provoquent des lésions ou altèrent le comportement et le confort du cheval.


Conclusion

Un cheval qui se gratte peut présenter un simple inconfort temporaire ou une véritable maladie dermatologique.

Le prurit est un symptôme, pas un diagnostic.

La première démarche consiste à observer :

  • la localisation des démangeaisons ;
  • leur intensité ;
  • la saison ;
  • l’aspect des lésions ;
  • leur évolution ;
  • l’atteinte éventuelle d’autres chevaux.

Une démangeaison saisonnière de la crinière et de la queue peut évoquer une DERE, tandis qu’un frottement péri-anal fait notamment rechercher des oxyures et qu’un prurit des membres avec fanons peut orienter vers une gale chorioptique.

Les poux, dermatophytoses, infections, allergies, irritations et certaines parasitoses peuvent également entrer dans le diagnostic différentiel.

Lorsque le prurit persiste, provoque des lésions ou reste inexpliqué, identifier la cause est plus important que multiplier les traitements au hasard.


Sources et références

Merck Veterinary Manual — Onchocerciasis in Animals

Merck Veterinary Manual — Itching (Pruritus) in Horses

Merck Veterinary Manual — Diagnosis of Skin Disorders in Horses

IFCE équipédia — Dermatite estivale récidivante des équidés

IFCE équipédia — Les poux

Merck Veterinary Manual — Mange in Horses

Merck Veterinary Manual — Gastrointestinal Parasites of Minor Clinical Importance in Horses — section Oxyuris equi

Merck Veterinary Manual — Dermatophytosis in Horses

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