Cushing cheval : cette expression désigne la maladie de Cushing chez le cheval, plus précisément appelée PPID (Pituitary Pars Intermedia Dysfunction, ou dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse). Cette affection endocrinienne touche surtout les chevaux et poneys âgés.
Elle peut provoquer une mauvaise mue, un poil anormalement long, une fonte musculaire, une augmentation de la soif, des infections répétées et parfois une fourbure. Toutefois, tous les chevaux atteints ne présentent pas les mêmes signes, surtout au début de la maladie.
À retenir : un cheval âgé qui mue mal, perd de la masse musculaire ou présente une fourbure inexpliquée mérite une évaluation vétérinaire pour rechercher un PPID et, si nécessaire, une dysrégulation de l’insuline.
Qu’est-ce que la maladie de Cushing chez le cheval ?
Le PPID est une affection liée à une perte progressive du contrôle dopaminergique exercé par l’hypothalamus sur la pars intermedia de l’hypophyse.
Lorsque cette inhibition diminue, les cellules de la pars intermedia deviennent plus actives. Elles peuvent présenter une hyperplasie puis, chez certains chevaux, des modifications adénomateuses. Leur activité entraîne une production excessive de plusieurs peptides dérivés de la POMC, dont l’ACTH.
Le terme « maladie de Cushing » reste très utilisé par les propriétaires, mais le terme PPID est plus précis.
Le mécanisme observé chez le cheval n’est pas exactement le même que le syndrome de Cushing classique décrit chez l’humain ou le chien.
Quels chevaux sont les plus à risque de PPID ?
Le risque augmente avec l’âge.
Le PPID est surtout diagnostiqué chez des chevaux et poneys âgés, même s’il peut être identifié avant un âge très avancé.
La maladie peut toucher toutes les races et tous les types d’équidés.
Un cheval maigre, un poney rustique ou un cheval de sport retraité peuvent tous être concernés.
Il faut particulièrement penser au PPID lorsqu’un cheval vieillissant présente plusieurs signes compatibles ou développe une fourbure sans cause évidente.
Cushing cheval : quels symptômes doivent alerter ?

Les symptômes du PPID chez le cheval sont variables et peuvent être discrets au début.
Les signes possibles comprennent :
- une mue tardive ou incomplète ;
- un poil anormalement long ;
- une hypertrichose, parfois avec un poil ondulé ou bouclé ;
- une fonte musculaire, notamment sur la ligne du dessus ;
- un abdomen plus pendant ;
- une difficulté à maintenir l’état corporel ;
- une augmentation de la soif ;
- une augmentation de la quantité d’urines ;
- une transpiration excessive ou inhabituelle ;
- une baisse d’énergie ou de performance ;
- des infections répétées ;
- une cicatrisation parfois plus lente ;
- des épisodes de fourbure.
Un cheval n’a pas besoin de présenter tous ces signes pour être atteint.
Dans les formes précoces, les manifestations peuvent se limiter à une mauvaise mue, une perte de masse musculaire ou une modification subtile des performances.
Le poil long signifie-t-il forcément que le cheval a un PPID ?
Non.
Une hypertrichose acquise chez un cheval âgé est très évocatrice d’un PPID, mais l’examen vétérinaire reste nécessaire.
Une mue légèrement tardive peut avoir plusieurs explications.
En revanche, un poil anormalement long et persistant associé à d’autres signes comme une fonte musculaire, une augmentation de la soif ou des épisodes de fourbure renforce fortement la suspicion.
Quel est le lien entre Cushing et fourbure ?
Le lien entre PPID et fourbure mérite une précision importante.
Le PPID et la dysrégulation de l’insuline sont deux troubles distincts, mais ils peuvent coexister.
Chez les chevaux atteints de PPID, le risque de fourbure semble particulièrement important lorsqu’une dysrégulation de l’insuline est également présente.
Autrement dit :
- tous les chevaux atteints de PPID ne présentent pas une dysrégulation de l’insuline ;
- tous les chevaux atteints de PPID ne développent pas une fourbure ;
- mais la présence simultanée d’un PPID et d’une dysrégulation de l’insuline augmente l’importance de la surveillance du risque de fourbure.
Lorsqu’un cheval atteint de PPID développe une fourbure, l’évaluation de son statut insulinique est donc particulièrement importante.
Pour comprendre les mécanismes et les signes du pied, consultez notre guide sur la fourbure chez le cheval.
PPID et syndrome métabolique équin : est-ce la même maladie ?
Non.
Le syndrome métabolique équin et le PPID sont deux maladies différentes.
Le syndrome métabolique équin est principalement caractérisé par une dysrégulation de l’insuline, souvent associée à un phénotype prédisposant comme une adiposité généralisée ou des dépôts graisseux régionaux.
Le PPID est une maladie neuroendocrinienne liée au dysfonctionnement de la pars intermedia de l’hypophyse.
Les deux affections peuvent toutefois être présentes chez le même cheval.
Cette distinction est particulièrement importante chez les chevaux souffrant de fourbure. Pour mieux comprendre les différences entre ces deux affections, leurs méthodes de diagnostic et leurs traitements, consultez notre guide complet sur le syndrome métabolique équin (SME).
Comment diagnostiquer la maladie de Cushing chez le cheval ?

Le diagnostic repose sur l’association entre :
- l’âge du cheval ;
- les signes cliniques ;
- l’examen vétérinaire ;
- les tests endocriniens.
Le vétérinaire recherche notamment :
- la qualité du poil et de la mue ;
- l’état corporel ;
- la masse musculaire ;
- les éventuels dépôts graisseux ;
- les antécédents de fourbure ;
- une augmentation de la soif et des urines ;
- des infections répétées.
Dosage de l’ACTH endogène
Le dosage de l’ACTH plasmatique au repos est l’un des tests les plus utilisés pour rechercher un PPID.
Cependant, l’ACTH varie naturellement au cours de l’année.
Chez le cheval, les concentrations augmentent physiologiquement pendant certaines périodes, notamment à la fin de l’été et en automne dans l’hémisphère Nord.
Le résultat doit donc être interprété en fonction :
- de la saison ;
- du laboratoire ;
- de ses valeurs de référence ;
- du contexte clinique.
Une valeur ne doit pas être interprétée isolément. La fiabilité du dosage dépend aussi des conditions de prélèvement, de conservation et de transport de l’échantillon. Le vétérinaire doit respecter les exigences du laboratoire, notamment concernant l’utilisation de plasma EDTA et sa préparation.
Test de stimulation à la TRH
Lorsque les signes cliniques sont compatibles mais que le dosage basal de l’ACTH reste équivoque, le vétérinaire peut proposer un test de stimulation à la TRH.
Le principe consiste à administrer de la TRH puis à mesurer la réponse de l’ACTH.
Ce test peut être particulièrement utile dans certaines formes débutantes ou lorsque les résultats du dosage basal ne permettent pas de conclure.
Le choix du test dépend notamment du cheval, de la saison et de la disponibilité des analyses.
Un test normal exclut-il toujours le PPID ?
Non.
Le diagnostic peut être plus difficile dans les formes précoces.
Un cheval peut présenter plusieurs signes compatibles avec un PPID tout en ayant un résultat initial non concluant.
Si la suspicion clinique reste forte, le vétérinaire peut proposer :
- de répéter l’analyse ;
- d’attendre une période plus favorable au diagnostic ;
- ou d’utiliser un autre protocole de test.
Le résultat biologique doit donc toujours être interprété avec l’examen clinique.
Faut-il aussi mesurer l’insuline ?
Souvent, oui.
Cela est particulièrement important chez un cheval atteint de PPID qui présente :
- une fourbure ;
- un surpoids ;
- un chignon graisseux ;
- des dépôts graisseux régionaux ;
- des épisodes répétés de sensibilité des pieds.
Un dosage basal de l’insuline peut fournir des informations, mais une valeur normale au repos n’exclut pas toujours une dysrégulation de l’insuline.
Selon le cas, un test dynamique oral peut être proposé.
Cette distinction est importante car le traitement du PPID ne corrige pas automatiquement une dysrégulation de l’insuline associée.
Pour le contexte des examens réalisés lors d’une fourbure, consultez notre article sur le diagnostic de la fourbure chez le cheval.
Quel est le traitement de la maladie de Cushing chez le cheval ?
Le traitement de référence du PPID repose généralement sur le pergolide, un agoniste dopaminergique administré par voie orale sur prescription vétérinaire.
Le pergolide vise à remplacer partiellement l’effet dopaminergique qui diminue progressivement chez les chevaux atteints de PPID.
L’objectif est notamment :
- d’améliorer les signes cliniques ;
- de normaliser ou mieux contrôler l’activité de la pars intermedia ;
- d’améliorer la mue ;
- de préserver l’état général ;
- de limiter certaines complications.
La dose doit être adaptée individuellement.
Elle peut évoluer en fonction de la réponse clinique et des résultats des analyses.
Le pergolide guérit-il définitivement le PPID ?
Non.
Le pergolide contrôle la maladie, mais il ne supprime pas définitivement le processus neuroendocrinien à l’origine du PPID.
Le traitement est donc généralement poursuivi à long terme.
Un cheval bien stabilisé doit néanmoins continuer à être surveillé régulièrement.
Quels effets indésirables peut provoquer le pergolide ?
Certains chevaux présentent au début du traitement :
- une diminution de l’appétit ;
- une baisse d’énergie ;
- un abattement transitoire.
Cette diminution de l’appétit est parfois appelée de manière informelle « voile du pergolide ».
Elle ne doit pas être ignorée.
Si le cheval réduit nettement sa consommation alimentaire après le début du traitement, il faut contacter le vétérinaire.
Il ne faut pas arrêter ou modifier la dose sans avis vétérinaire.
Comment suivre un cheval traité pour PPID ?
Après l’instauration du pergolide ou une adaptation de sa dose, une réévaluation clinique et, selon les cas, endocrinienne est généralement réalisée dans un délai d’un à trois mois. Chez un cheval stabilisé, des contrôles espacés de six à douze mois peuvent ensuite être envisagés, selon l’évolution clinique et les recommandations vétérinaires.
Le vétérinaire surveille notamment :
- la qualité de la mue ;
- le poil ;
- l’état corporel ;
- la masse musculaire ;
- la soif ;
- la quantité d’urines ;
- les éventuelles infections ;
- l’état des pieds ;
- les épisodes de fourbure ;
- les concentrations d’ACTH lorsque cela est indiqué.
Quelle alimentation pour un cheval atteint de Cushing ?

Il n’existe pas une alimentation unique pour tous les chevaux atteints de PPID.
Un cheval âgé maigre présentant une fonte musculaire n’a pas les mêmes besoins qu’un poney obèse présentant simultanément une dysrégulation de l’insuline.
La ration doit être adaptée notamment à :
- l’état corporel ;
- la masse musculaire ;
- l’état dentaire ;
- le niveau d’activité ;
- la qualité du fourrage ;
- le statut insulinique ;
- l’existence ou non d’antécédents de fourbure.
Un cheval atteint de PPID mais présentant une régulation normale de l’insuline n’a pas nécessairement besoin de la même restriction en glucides qu’un cheval insulinodysrégulé.
L’alimentation doit donc être individualisée.
PPID et cheval maigre : faut-il augmenter la ration ?
Un cheval atteint de PPID peut perdre de la masse musculaire et devenir plus difficile à maintenir en état.
Avant d’augmenter simplement la ration, il est important de rechercher d’autres causes possibles :
- problèmes dentaires ;
- parasitisme ;
- maladie chronique ;
- douleur ;
- qualité insuffisante du fourrage ;
- apport protéique inadéquat.
Chez un cheval âgé, l’objectif n’est pas uniquement d’augmenter les calories, mais aussi d’apporter une ration adaptée à sa capacité de mastication et à ses besoins en protéines de bonne qualité.
Comment réduire le risque de fourbure chez un cheval atteint de PPID ?
La prévention repose surtout sur le contrôle des facteurs associés.
Il est important de :
- évaluer la dysrégulation de l’insuline lorsque cela est indiqué ;
- surveiller l’état corporel ;
- contrôler le pâturage chez les chevaux à risque ;
- éviter les changements alimentaires brutaux ;
- entretenir régulièrement les sabots ;
- suivre correctement le traitement du PPID ;
- surveiller les pouls digités ;
- réagir rapidement devant une raideur ou une douleur des pieds.
Un cheval atteint de PPID qui présente également une dysrégulation de l’insuline nécessite une attention particulière concernant l’alimentation et le pâturage.
Consultez aussi notre guide sur la prévention de la fourbure chez le cheval.
Comment améliorer le confort et la vie quotidienne d’un cheval atteint de PPID ?
Quels autres soins sont importants chez un cheval atteint de PPID ?
Le PPID concerne souvent des chevaux âgés qui peuvent cumuler plusieurs problèmes de santé.
Le suivi doit donc rester global.
Il peut comprendre :
- des soins dentaires réguliers ;
- un parage ou une ferrure adaptés ;
- une gestion raisonnée du parasitisme ;
- une vaccination adaptée ;
- la surveillance des infections ;
- la surveillance de l’état corporel ;
- une tonte lorsque l’hypertrichose provoque une gêne importante ;
- une alimentation adaptée à l’âge.
Une bonne gestion générale améliore souvent considérablement le confort du cheval.
Faut-il tondre un cheval atteint de Cushing ?
La tonte peut être utile lorsqu’un cheval développe une hypertrichose importante et supporte mal la chaleur.
Elle peut améliorer son confort et limiter une transpiration excessive.
En revanche, la tonte ne traite pas le PPID lui-même.
Elle constitue uniquement une mesure de confort complémentaire au traitement endocrinien.
Peut-on encore monter un cheval atteint de PPID ?
Oui, dans certains cas.
Un cheval atteint de PPID correctement contrôlé peut parfois conserver une activité adaptée.
La décision dépend notamment :
- de son âge ;
- de son état musculaire ;
- de sa condition générale ;
- de ses pieds ;
- de l’absence de douleur ;
- des autres maladies présentes.
Un cheval présentant une fourbure active ne doit évidemment pas être travaillé.
Quand appeler le vétérinaire ?
Une consultation est recommandée lorsqu’un cheval âgé présente :
- une mauvaise mue persistante ;
- un poil anormalement long ;
- une fonte musculaire inexpliquée ;
- une augmentation importante de la soif ;
- des infections répétées ;
- une baisse progressive de son état général ;
- une fourbure inexpliquée ou récidivante.
En présence de signes de fourbure tels qu’une raideur inhabituelle, une difficulté à tourner, une douleur des pieds ou des pouls digités fortement augmentés, l’évaluation doit être rapide.
Notre article Quand appeler le vétérinaire en cas de fourbure chez le cheval ? détaille les signes d’urgence.
FAQ sur la maladie de Cushing chez le cheval
Le PPID touche-t-il uniquement les vieux chevaux ?
Non, mais sa fréquence augmente nettement avec l’âge. Il est principalement diagnostiqué chez des chevaux âgés.
Un cheval atteint de Cushing est-il forcément fourbu ?
Non. Tous les chevaux atteints de PPID ne développent pas une fourbure. Le risque est particulièrement important lorsqu’une dysrégulation de l’insuline est également présente.
Le pergolide doit-il être donné toute la vie ?
Le PPID est une maladie chronique. Le pergolide est généralement administré à long terme, avec des adaptations de dose selon la réponse du cheval.
Le pergolide guérit-il la maladie ?
Non. Il permet de contrôler les conséquences du PPID mais ne supprime pas définitivement la maladie.
Peut-on monter un cheval atteint de PPID ?
Oui, si son état général, ses pieds et ses autres éventuels problèmes de santé le permettent.
Faut-il tondre un cheval atteint de PPID ?
Ce n’est pas obligatoire, mais une tonte peut améliorer le confort en cas d’hypertrichose importante.
Le PPID et le syndrome métabolique équin sont-ils la même maladie ?
Non. Ce sont deux troubles distincts qui peuvent néanmoins coexister chez un même cheval.
Un cheval maigre peut-il avoir un PPID ?
Oui. Le PPID n’est pas réservé aux chevaux obèses. La fonte musculaire et la perte d’état peuvent même faire partie de la présentation clinique.
Conclusion
La maladie de Cushing chez le cheval, ou PPID, est une affection endocrinienne fréquente chez les chevaux âgés.
Les premiers signes peuvent être discrets : mauvaise mue, fonte musculaire, baisse d’énergie ou modification de l’état corporel.
Le diagnostic repose sur l’examen clinique et sur des tests hormonaux qui doivent être interprétés en fonction de la saison et du contexte.
Le pergolide permet généralement de contrôler la maladie, mais le traitement et le suivi doivent être poursuivis à long terme.
Lorsqu’un cheval atteint de PPID développe une fourbure, la recherche d’une dysrégulation de l’insuline devient particulièrement importante car elle influence directement la prévention des récidives.