Scovella chez le cheval : un nouveau traitement de l’hyperinsulinémie commercialisé en Grande-Bretagne
Dernière révision : 19 septembre 2026
Scovella chez le cheval est désormais commercialisé en Grande-Bretagne. Cette arrivée marque une nouvelle étape dans la prise en charge de la dysrégulation insulinique. Ce médicament vétérinaire contenant du vélagliflozine vise à réduire l’hyperinsulinémie chez certains chevaux et poneys lorsque l’alimentation, la gestion quotidienne et l’exercice ne permettent pas d’obtenir un contrôle suffisant.
Son arrivée suscite un intérêt particulier en raison du lien étroit entre l’excès d’insuline et la fourbure endocrinopathique. Elle ne signifie toutefois pas que toutes les fourbures peuvent être prévenues ou traitées avec ce médicament.
Scovella est désormais disponible en Grande-Bretagne
Scovella a obtenu une autorisation britannique le 1er avril 2026. Sa commercialisation auprès des vétérinaires prescripteurs de Grande-Bretagne a été annoncée pour septembre 2026, à l’occasion du congrès de la British Equine Veterinary Association.
Il s’agit d’une solution orale destinée aux chevaux et poneys présentant une hyperinsulinémie associée à une dysrégulation insulinique, lorsque les modifications de la gestion et de l’exercice n’ont pas apporté une réponse suffisante.
Le médicament est soumis à prescription vétérinaire. Le diagnostic de dysrégulation insulinique doit être établi avant le début du traitement à l’aide d’une évaluation clinique et de tests endocriniens adaptés.
Pourquoi l’hyperinsulinémie augmente-t-elle le risque de fourbure ?

La dysrégulation insulinique correspond à une réponse anormale de l’organisme à l’insuline ou à une sécrétion excessive de cette hormone, notamment après l’ingestion d’aliments riches en sucres et en amidon.
Chez les chevaux concernés, l’insuline peut rester anormalement élevée dans le sang. Cette hyperinsulinémie joue un rôle majeur dans le développement de la fourbure endocrinopathique.
Le surpoids, une encolure épaisse, des dépôts graisseux localisés et des antécédents de fourbure doivent attirer l’attention. Un cheval de poids apparemment normal peut néanmoins présenter une dysrégulation insulinique. L’apparence seule ne suffit donc pas pour évaluer le risque.
Un bilan métabolique peut compléter l’examen des pieds. Notre dossier consacré au diagnostic de la fourbure chez le cheval explique les étapes de l’examen clinique et la place des examens complémentaires.
Comment fonctionne le vélagliflozine ?
Le vélagliflozine appartient à la famille des inhibiteurs du cotransporteur sodium-glucose de type 2, appelé SGLT2.
Dans les reins, ce transporteur participe normalement à la réabsorption du glucose filtré dans les urines. En inhibant SGLT2, le vélagliflozine augmente l’élimination du glucose par voie urinaire. Cette action modifie l’équilibre du glucose et réduit la stimulation de la sécrétion pancréatique d’insuline.
La concentration d’insuline circulante peut ainsi diminuer. Le traitement cible donc un facteur métabolique important de la fourbure endocrinopathique, sans agir directement sur toutes les lésions du pied ni sur les autres causes possibles de fourbure.
Que montrent les études sur le risque de fourbure ?
Une étude expérimentale publiée en 2018 a évalué le vélagliflozine chez des poneys présentant une dysrégulation insulinique et soumis à une alimentation riche en glucides non structuraux.
Aucun des 12 poneys traités n’a développé de fourbure clinique, contre 14 des 37 poneys du groupe témoin. Le traitement a également réduit les concentrations maximales de glucose et d’insuline.
Ces résultats sont encourageants, mais ils proviennent d’un effectif limité et d’un modèle expérimental. Ils ne permettent pas d’affirmer que le traitement garantit une protection durable contre la fourbure chez tous les chevaux dans leurs conditions de vie habituelles.
Une étude clinique publiée en 2025 a également montré une diminution de l’insuline chez des chevaux présentant une dysrégulation insulinique. L’indication britannique porte néanmoins sur le traitement de l’hyperinsulinémie. Scovella ne constitue pas un traitement universel de toutes les formes de fourbure.
Pourquoi le traitement ne remplace-t-il pas la gestion quotidienne ?

Le contrôle de l’alimentation reste indispensable. Une ration riche en glucides non structuraux peut limiter l’efficacité de la prise en charge et maintenir une stimulation importante de l’insuline.
La prévention repose notamment sur :
- une ration adaptée au poids et au statut métabolique du cheval ;
- un contrôle de l’accès à l’herbe ;
- un suivi régulier du poids et des dépôts graisseux ;
- une activité physique adaptée lorsque l’état des pieds le permet ;
- la surveillance des premiers signes de douleur ou de modification de la démarche.
Un cheval suspect de fourbure ne doit pas être forcé à marcher ou à travailler. Retrouvez les mesures alimentaires et pratiques dans notre guide sur la prévention de la fourbure chez le cheval.
Quelle surveillance vétérinaire est nécessaire ?
Le vélagliflozine peut entraîner une augmentation des triglycérides sanguins. Cette modification est souvent transitoire et sans signe clinique, mais elle justifie un contrôle avant le traitement puis une surveillance après sa mise en place.
Une perte de poids, une augmentation de la production d’urine et une consommation d’eau plus importante peuvent également survenir. Le cheval doit toujours disposer d’eau propre en libre accès.
Scovella ne doit pas être utilisé chez un cheval anorexique ni chez un cheval présentant une hyperlipémie accompagnée de signes comme une baisse d’appétit ou une léthargie. La durée du traitement et sa poursuite doivent être évaluées individuellement par le vétérinaire.
En présence d’une douleur des pieds, d’une démarche raide, d’une réticence à tourner ou d’un pouls digité marqué, une consultation rapide reste prioritaire. Notre article indique quand appeler le vétérinaire en cas de fourbure.

Grande-Bretagne, Union européenne et Maroc : des statuts différents
La commercialisation annoncée concerne la Grande-Bretagne. Elle ne vaut pas autorisation dans les autres pays.
Dans l’Union européenne, le Comité des médicaments à usage vétérinaire de l’Agence européenne des médicaments a rendu un avis défavorable le 18 juin 2026. Il a estimé que les données présentées ne permettaient pas de démontrer un rapport bénéfice-risque favorable, en raison de réserves concernant l’efficacité et la sécurité pour l’animal cible.
La décision britannique ne permet pas non plus de conclure à une autorisation ou à une disponibilité au Maroc. Le statut du produit doit être vérifié dans chaque pays avant toute prescription ou utilisation.
Ce qu’il faut retenir
Scovella apporte aux vétérinaires britanniques une nouvelle option pour traiter l’hyperinsulinémie chez certains chevaux et poneys atteints de dysrégulation insulinique.
Son mécanisme d’action et les résultats publiés soutiennent son intérêt dans le contrôle de l’hyperinsulinémie, un facteur majeur de risque de fourbure endocrinopathique. Le traitement ne supprime toutefois pas ce risque et ne remplace ni l’alimentation adaptée, ni la gestion du poids, ni le contrôle du pâturage, ni le suivi vétérinaire.
Sources
- Boehringer Ingelheim — commercialisation de Scovella en Grande-Bretagne, 1er septembre 2026
- Veterinary Medicines Directorate — résumé des caractéristiques de Scovella 15 mg/ml
- Meier et collaborateurs — étude expérimentale sur le vélagliflozine et la fourbure, PLOS ONE, 2018
- Thane et collaborateurs — effets du vélagliflozine sur l’insuline, Journal of Veterinary Internal Medicine, 2025
- Agence européenne des médicaments — dossier Scovella et avis du 18 juin 2026