Un cheval couché n’est pas forcément malade. Le couchage fait partie du comportement normal du cheval : il lui permet de se reposer et d’obtenir certaines phases de sommeil impossibles à compléter correctement debout.
En revanche, un cheval qui reste couché de façon inhabituelle, se couche et se relève sans cesse, présente des signes de douleur ou ne parvient pas à se relever doit attirer l’attention.
Pour faire la différence, il faut surtout observer le contexte, le comportement du cheval et les signes associés.
Pourquoi un cheval se couche-t-il ?
Le cheval peut somnoler et dormir en sommeil lent lorsqu’il reste debout grâce à son appareil de soutien des membres.
Mais pour compléter normalement son cycle de sommeil, notamment le sommeil paradoxal ou REM, il doit pouvoir se coucher.
Le couchage est donc un comportement normal et nécessaire.
Pour approfondir : Comment dorment les chevaux ? Sommeil debout, couché et durée.
Cheval couché sur le ventre ou sur le flanc : quelle différence ?

Le cheval peut adopter plusieurs positions lorsqu’il se repose.
Le décubitus sternal
Le cheval est couché sur le sternum, avec les membres repliés sous lui.
La tête peut rester relevée ou être posée sur le sol. Cette position est fréquente pendant les périodes de repos et de sommeil.
Le décubitus latéral
Le cheval est complètement allongé sur le flanc, avec la tête et les membres relâchés.
Cette position peut surprendre un propriétaire qui pense immédiatement à une maladie, mais elle est parfaitement normale pendant le sommeil.
Le cheval peut alors présenter de petits mouvements des membres, des lèvres ou des paupières.
Le sommeil REM nécessite normalement le décubitus, qui peut être sternal avec la tête soutenue ou latéral.
Combien de temps un cheval peut-il rester couché ?
Il n’existe pas une durée unique applicable à tous les chevaux.
La fréquence et la durée du couchage dépendent notamment :
- de l’âge ;
- de l’environnement ;
- de la qualité de la litière ;
- de la sécurité ressentie ;
- de l’état de santé ;
- des habitudes individuelles.
Les poulains se couchent beaucoup plus fréquemment que les chevaux adultes.
Chez un cheval adulte, il est généralement plus utile de rechercher un changement par rapport à ses habitudes habituelles que de chronométrer chaque épisode de couchage.
Comment reconnaître un couchage normal ?
Un cheval qui se repose normalement est généralement calme.
Sa respiration est régulière et il ne montre pas de signes évidents de douleur.
Lorsqu’il se relève, il retrouve habituellement :
- une attitude normale ;
- son appétit ;
- une locomotion habituelle ;
- un comportement similaire à celui observé avant le couchage.
Il n’est pas nécessaire de réveiller ou de forcer systématiquement un cheval couché à se relever simplement pour vérifier son état.
Un cheval peut parfaitement rester allongé lorsque quelqu’un entre dans son paddock ou son box s’il se sent en sécurité.
Quand un cheval couché doit-il inquiéter ?

Le couchage devient plus préoccupant lorsqu’il est associé à d’autres signes anormaux.
Il faut notamment être attentif à un cheval qui :
- se couche et se relève à répétition ;
- se roule plusieurs fois ;
- regarde fréquemment ses flancs ;
- gratte le sol ;
- donne des coups de pied vers son abdomen ;
- transpire sans effort ;
- refuse de manger ;
- produit moins de crottins ;
- semble abattu ;
- présente une respiration anormalement rapide ;
- ne parvient pas à se relever.
Ces signes peuvent notamment être compatibles avec une douleur abdominale ou une colique.
Retrouvez les principaux signes dans notre article Signes de coliques chez le cheval : les reconnaître.
Il faut cependant éviter d’interpréter une seule roulade comme une colique : un cheval peut se rouler normalement après le travail, après une douche ou simplement pour son confort.
C’est surtout la répétition du comportement et l’association avec d’autres signes qui doivent alerter.
Un cheval peut-il rester couché à cause d’une autre douleur ?
Oui.
Une position couchée prolongée n’est pas spécifique des coliques.
Un cheval peut modifier ses habitudes de couchage en cas de :
- douleur locomotrice importante ;
- fourbure ;
- atteinte musculaire ;
- faiblesse générale ;
- maladie fébrile ;
- trouble neurologique ;
- épuisement.
Inversement, certains chevaux douloureux peuvent éviter de se coucher, notamment lorsqu’ils anticipent une difficulté à se relever.
Les chevaux âgés ou atteints de troubles orthopédiques doivent donc être observés individuellement plutôt que sur la seule durée du couchage.
Que faire si votre cheval est couché ?

Commencez par observer le cheval sans vous mettre en danger.
Regardez :
- sa respiration ;
- son attitude ;
- la présence éventuelle de transpiration ;
- les mouvements vers les flancs ;
- les tentatives répétées de se relever ;
- l’état du box ou du paddock ;
- les crottins récents.
S’il se relève normalement, observez ensuite sa démarche, son appétit et son comportement.
Notez également l’heure et l’évolution des signes.
Quand appeler le vétérinaire ?
Contactez rapidement votre vétérinaire si le cheval :
- ne peut pas se relever ;
- se couche et se relève constamment ;
- présente des roulades répétées ;
- transpire ou montre une douleur évidente ;
- refuse de manger ;
- présente des signes de colique ;
- semble très faible ou désorienté ;
- adopte un comportement inhabituel persistant.
Un cheval douloureux peut effectuer des mouvements brusques. La sécurité des personnes reste donc prioritaire.
Un cheval qui ne se couche jamais est-il normal ?
Une absence persistante de couchage mérite également d’être étudiée.
Le cheval doit se coucher pour compléter son sommeil REM. Un manque prolongé de couchage peut entraîner une importante somnolence et des épisodes d’affaissement.
Les causes possibles comprennent notamment :
- une douleur ;
- une litière inconfortable ;
- un espace de repos insuffisant ;
- un environnement perçu comme peu sûr ;
- des perturbations sociales.
Le couchage est donc également un indicateur intéressant du bien-être du cheval.
En résumé
Un cheval couché est très souvent simplement en train de dormir ou de se reposer.
Le couchage devient préoccupant lorsqu’il représente un changement inhabituel ou lorsqu’il s’accompagne de douleur, de roulades répétées, de sudation, de perte d’appétit, de diminution des crottins ou de difficultés à se relever.
Il faut donc interpréter la position couchée dans son contexte et ne jamais se baser sur ce signe seul.
Pour mieux comprendre les autres comportements normaux ou inhabituels du cheval, consultez Comprendre le comportement du cheval : guide complet.
Sources
- Greening L., McBride S. — A Review of Equine Sleep: Implications for Equine Welfare
- Kelemen Z. et al. — Recumbency as an Equine Welfare Indicator in Geriatric Horses and Horses with Chronic Orthopaedic Disease
- MSD Veterinary Manual — Colic in Horses
- Comparing lying behaviour of young riding horses under different social and spatial conditions