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Comment dorment les chevaux ? Sommeil debout, couché et durée

Horse Education Publié le · 5 min de lecture
Cheval couché latéralement pendant une phase de sommeil

Comment dorment les chevaux ? Contrairement à l’être humain, le cheval ne dort pas plusieurs heures d’affilée. Son sommeil est polyphasique : il alterne au cours des 24 heures des périodes d’éveil, de somnolence, de sommeil lent et de sommeil paradoxal.

Le cheval peut somnoler et dormir légèrement debout, grâce à son appareil de soutien. En revanche, il doit normalement se coucher pour accéder au sommeil paradoxal (REM). Comprendre cette différence permet de distinguer un repos normal d’un manque de sommeil ou d’un problème de santé.

Les différentes phases du sommeil chez le cheval

Les études utilisant l’électroencéphalographie distinguent plusieurs états de vigilance chez le cheval :

  • La somnolence : la tête s’abaisse, les paupières sont partiellement fermées et les muscles se relâchent.
  • Le sommeil lent ou NREM : l’activité cérébrale ralentit. Cette phase peut avoir lieu debout ou couché.
  • Le sommeil paradoxal ou REM : il s’accompagne d’une importante diminution du tonus musculaire et nécessite normalement que le cheval soit couché.

Le sommeil REM ne représente qu’une petite partie du sommeil total, mais il est essentiel au cycle normal de sommeil.

Une revue consacrée au sommeil équin et à ses implications pour le bien-être souligne notamment l’importance des conditions permettant au cheval de se coucher confortablement.

Pourquoi les chevaux dorment-ils debout ?

Cheval somnolant debout avec un postérieur au repos

Le cheval est une espèce proie. Pouvoir se reposer debout lui permet de rester capable de réagir rapidement à une menace.

Cette capacité repose en grande partie sur l’appareil de soutien des membres, un ensemble anatomique de tendons, ligaments et structures articulaires qui permet de maintenir la station debout avec relativement peu d’effort musculaire.

Un cheval somnolent présente souvent :

  • l’encolure et la tête abaissées ;
  • les yeux partiellement fermés ;
  • une attitude générale relâchée ;
  • un postérieur au repos, légèrement fléchi, avec la pince du sabot posée au sol.

Il peut transférer périodiquement le membre au repos d’un côté à l’autre.

Mais dormir debout ne suffit pas à couvrir tous ses besoins en sommeil.

Pourquoi le cheval doit-il aussi dormir couché ?

Le sommeil lent peut se produire debout. Le sommeil paradoxal est différent : l’atonie musculaire qui l’accompagne rend la station debout incompatible.

Le cheval doit donc adopter un décubitus sternal ou latéral pour compléter normalement son cycle de sommeil.

Une étude sur la position couchée comme indicateur de bien-être confirme que la recumbence est nécessaire à l’obtention du sommeil REM. 

Un cheval couché n’est donc pas automatiquement malade. Il peut simplement dormir profondément.

Pour savoir quand cette position est normale et quand elle doit inquiéter, consultez aussi notre article Cheval couché : quand est-ce normal et quand s’inquiéter ?.

Combien de temps un cheval dort-il ?

Chez l’adulte, le sommeil total représente généralement environ 3 à 5 heures par 24 heures, réparties en plusieurs épisodes.

Les périodes de repos et de sommeil couché sont particulièrement fréquentes pendant la nuit, notamment entre minuit et les premières heures du matin. Cela ne signifie cependant pas qu’un cheval ne peut pas dormir en journée.

Une étude récente portant sur l’architecture du sommeil équin confirme ce caractère polyphasique et une durée totale généralement située autour de 3 à 5 heures. 

Les besoins varient également selon :

  • l’âge ;
  • l’environnement ;
  • l’activité physique ;
  • l’état de santé ;
  • le logement ;
  • la sécurité ressentie par le cheval.

Les poulains dorment davantage que les adultes et passent beaucoup plus de temps couchés.

Qu’est-ce qui influence le sommeil couché ?

Un cheval ne se couche généralement que s’il se sent suffisamment en sécurité et physiquement capable de se relever.

L’espace et la litière

Un espace trop réduit ou une surface inconfortable peut diminuer le temps passé couché. La qualité et la profondeur de la litière influencent également le comportement de repos.

L’environnement social

Les chevaux étant des animaux sociaux, la présence et la stabilité des congénères peuvent favoriser le sentiment de sécurité.

Le stress et les changements

Un transport, une compétition, un nouvel environnement, l’isolement ou des perturbations nocturnes peuvent temporairement réduire le sommeil couché.

Si ton cheval présente également d’autres signes de tension ou d’inquiétude, consulte Stress cheval : signes, causes et comment calmer un cheval stressé.

La douleur

Un cheval souffrant d’arthrose, de douleur dorsale ou d’une autre affection locomotrice peut hésiter à se coucher parce que la descente ou le relever deviennent difficiles ou douloureux.

Privation de sommeil chez le cheval : quels signes doivent alerter ?

Cheval somnolent présentant un affaissement lié au manque de sommeil

Lorsqu’un cheval ne se couche pas suffisamment, il peut accumuler un déficit en sommeil paradoxal.

Une somnolence excessive peut alors apparaître. Le cheval baisse fortement la tête puis peut présenter des affaissements soudains, avec flexion des antérieurs, parfois jusqu’à toucher le sol avant de retrouver son équilibre.

Ce phénomène est parfois confondu avec la narcolepsie, alors que cette affection neurologique est beaucoup plus rare.

Il faut être particulièrement attentif à :

  • des plaies répétées sur les genoux, les boulets ou le chanfrein ;
  • des affaissements pendant les périodes de repos ;
  • une somnolence excessive pendant la journée ;
  • l’absence persistante de traces indiquant que le cheval s’est couché ;
  • un changement récent de ses habitudes de repos.

Des douleurs locomotrices, un environnement peu rassurant ou des conditions de couchage inadéquates doivent notamment être recherchés.

Faut-il réveiller un cheval couché ?

Pas systématiquement.

Un cheval couché calmement, respirant normalement et se relevant sans difficulté peut simplement être en train de dormir.

En revanche, il faut intervenir rapidement si le cheval :

  • se roule de façon répétée ;
  • regarde ses flancs ;
  • transpire anormalement ;
  • semble douloureux ;
  • reste couché beaucoup plus longtemps que d’habitude ;
  • tente de se relever sans y parvenir.

Dans ce cas, il ne s’agit plus simplement d’interpréter son sommeil et un avis vétérinaire peut être nécessaire.

Comment reconnaître un cheval qui dort debout ?

comment dorment les chevaux

Les oreilles et l’ensemble du visage deviennent généralement plus relâchés. Le cheval reste cependant capable de se réveiller rapidement.

La position des oreilles doit toujours être interprétée avec le reste du corps. Pour approfondir ce point : Langage des oreilles du cheval : ce qu’elles peuvent vraiment indiquer.

En résumé

Le cheval peut somnoler et dormir en sommeil lent debout, mais il doit normalement se coucher pour obtenir suffisamment de sommeil paradoxal.

Son sommeil est réparti en plusieurs épisodes sur 24 heures et se concentre souvent davantage pendant la nuit.

Une zone de repos confortable, suffisamment grande, calme et perçue comme sûre favorise le sommeil couché.

Une modification importante des habitudes de sommeil, une absence persistante de couchage ou des affaissements répétés doivent en revanche inciter à rechercher une cause environnementale, comportementale ou médicale.

Pour replacer le sommeil parmi les autres comportements normaux du cheval, consulte notre guide Comprendre le comportement du cheval : guide complet.

Sources