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Vision du cheval : champ visuel, couleurs et angles morts

Horse Education Publié le · 5 min de lecture
oeil du cheval

Comment voit un cheval ?

La vision du cheval est adaptée à son statut d’animal proie. Ses yeux, placés latéralement sur la tête, lui offrent un champ visuel presque panoramique qui lui permet de surveiller une grande partie de son environnement sans bouger.

Mais le cheval ne voit pas exactement comme nous. Sa vision est dichromatique, il possède quelques zones aveugles et il est particulièrement performant lorsque la luminosité diminue.

Comprendre la vue du cheval aide à expliquer certains sursauts, hésitations ou réactions qui peuvent sembler incompréhensibles au cavalier.

Un champ visuel presque panoramique

Cheval observant son environnement avec son large champ visuel

Grâce à la position latérale de ses yeux, le cheval possède une très large vision périphérique.

Son champ visuel comprend deux grandes zones.

La vision monoculaire

Sur les côtés, chaque œil observe principalement une partie différente de l’environnement.

Cette large vision monoculaire est particulièrement utile pour détecter rapidement un mouvement périphérique.

Un cheval peut donc remarquer très tôt une personne, un animal ou un objet qui se déplace sur le côté.

La vision binoculaire

Devant la tête, une partie des champs visuels des deux yeux se chevauche. Cette zone binoculaire, estimée autour de 55 à 65°, participe notamment à l’évaluation des distances et de la profondeur.

Le cheval peut modifier la position de sa tête afin de placer un objet dans une zone de son champ visuel mieux adaptée à ce qu’il cherche à observer.

Pourquoi la pupille du cheval est-elle horizontale ?

La pupille du cheval est allongée horizontalement.

Cette forme favorise une vision étendue sur l’horizon, particulièrement utile chez un animal qui doit surveiller l’arrivée éventuelle d’un prédateur.

Lorsque le cheval baisse la tête pour brouter, ses yeux effectuent également des ajustements qui lui permettent de conserver une bonne surveillance de son environnement.

Quels sont les angles morts du cheval ?

Schéma du champ visuel et des angles morts du cheval

Même avec un champ visuel très large, le cheval ne voit pas absolument tout.

Il existe notamment une zone aveugle :

  • directement derrière lui ;
  • très près de sa tête, selon la position de celle-ci.

La taille et la position de ces zones changent avec le port de tête.

C’est pourquoi il est préférable d’éviter d’arriver silencieusement juste derrière un cheval.

Lorsque vous vous approchez, placez-vous plutôt vers son épaule ou sur le côté et signalez votre présence par la voix.

Un cheval surpris dans une zone qu’il ne voyait pas peut réagir brusquement sans pour autant être agressif.

Quelles couleurs voit le cheval ?

Contrairement à une idée répandue, le cheval ne voit pas en noir et blanc.

Sa vision est dichromatique : il possède deux types principaux de cônes impliqués dans la perception des couleurs, contre trois chez l’être humain possédant une vision trichromatique normale.

Le cheval distingue notamment des variations dans les régions du bleu et du jaune-vert.

En revanche, des couleurs que nous distinguons facilement, comme certains rouges, oranges et verts, peuvent lui paraître beaucoup plus proches les unes des autres.

Le contraste est donc particulièrement important.

Par exemple, un obstacle dont la couleur se distingue fortement du sol et de l’environnement peut être plus facile à identifier qu’un obstacle dont les couleurs semblent évidentes pour le cavalier mais présentent peu de contraste pour le cheval.

Comparaison de la perception des couleurs à travers la vision du cheval

Le cheval voit-il bien la nuit ?

Oui, le cheval possède plusieurs adaptations favorisant la vision lorsque la lumière est faible.

Sa rétine contient de nombreux bâtonnets, cellules particulièrement sensibles à la lumière, et son œil possède un tapetum lucidum, une structure réfléchissante qui améliore l’utilisation de la lumière disponible.

Le cheval peut ainsi se déplacer et reconnaître des formes dans des conditions lumineuses où l’être humain éprouve davantage de difficultés.

Cela ne signifie toutefois pas qu’il voit parfaitement dans l’obscurité totale.

Les changements importants de contraste ou de luminosité peuvent également modifier la perception d’un lieu.

Ainsi, l’entrée sombre d’un van, d’une écurie ou d’un passage couvert peut paraître différente au cheval selon la lumière extérieure.

Une hésitation n’est donc pas nécessairement de la mauvaise volonté.

La vision du cheval au quotidien

Quelques habitudes simples permettent de mieux tenir compte de sa perception visuelle.

Pour l’approcher

Arrivez plutôt vers l’épaule et évitez une approche silencieuse directement par l’arrière.

Parler au cheval permet également de l’informer de votre présence avant le contact.

Pour le manipuler

Évitez les mouvements brusques très près de son visage.

Lorsque vous passez derrière lui, restez attentif à sa réaction et assurez-vous qu’il sait où vous vous trouvez.

Face à un objet inquiétant

Laissez au cheval le temps d’orienter sa tête et d’observer.

Forcer immédiatement l’approche peut augmenter son inquiétude alors qu’il cherche simplement à identifier ce qu’il voit.

À l’obstacle

La couleur n’est pas le seul élément important : le contraste entre l’obstacle et son environnement influence également sa visibilité.

Cheval se déplaçant dans un environnement faiblement éclairé

Les oreilles donnent aussi des informations

La vision ne doit jamais être interprétée seule.

La position de la tête, des yeux et des oreilles fournit des indices sur l’endroit où se porte l’attention du cheval.

Pour approfondir ce point, consultez Langage des oreilles du cheval : ce qu’elles peuvent vraiment indiquer.

Trois idées reçues sur la vision du cheval

« Le cheval voit en noir et blanc » : faux.
Il possède une vision des couleurs, mais différente de la nôtre.

« Ce qu’il voit d’un œil est totalement inconnu de l’autre » : faux.
Les informations visuelles peuvent être transférées et traitées par le cerveau même lorsqu’un objet a d’abord été observé d’un seul côté.

« Le cheval voit tout plus grand » : non démontré.
Il n’existe pas de preuve solide permettant d’affirmer que sa vision produit un effet de loupe généralisé.

Pourquoi un cheval peut-il avoir peur d’un objet familier ?

Un objet connu peut apparaître différent lorsque :

  • l’éclairage change ;
  • des ombres apparaissent ;
  • l’objet est déplacé ;
  • il est observé sous un nouvel angle ;
  • quelque chose bouge autour de lui.

Avant de conclure que le cheval « fait exprès », il faut donc considérer ce qu’il perçoit réellement.

En résumé

La vision du cheval est presque panoramique et particulièrement adaptée à la détection des mouvements.

Le cheval possède néanmoins des zones aveugles, une vision des couleurs différente de la nôtre et une perception fortement influencée par le contraste, la lumière et la position de sa tête.

Comprendre ces particularités permet d’améliorer la manipulation, la sécurité et l’interprétation de nombreuses réactions du cheval.

Pour replacer la vision parmi les autres mécanismes qui influencent son comportement, consultez Comprendre le comportement du cheval : guide complet.

Sources