Quand appeler le vétérinaire en cas de fourbure chez le cheval ?
Lorsqu’une fourbure est suspectée chez un cheval, le vétérinaire doit être contacté rapidement, même si les premiers signes semblent modérés. La maladie peut commencer par une simple raideur, une démarche raccourcie ou une réticence à tourner avant d’évoluer vers une douleur beaucoup plus importante.
La fourbure touche les lamelles qui relient la paroi du sabot à la troisième phalange. Lorsque ces structures sont gravement lésées, la troisième phalange peut perdre sa stabilité et se déplacer dans la boîte cornée.
Pour comprendre les causes et le mécanisme de la maladie, consultez notre guide complet sur la fourbure chez le cheval.
À retenir : en cas de suspicion de fourbure, ne faites pas marcher le cheval pour « vérifier ». Limitez ses déplacements et contactez votre vétérinaire. Une prise en charge précoce offre les meilleures chances de limiter les lésions.

Vétérinaire fourbure cheval : quand faut-il appeler ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que le cheval refuse complètement de marcher.
Une fourbure peut être présente lorsque le cheval :
- devient inhabituellement raide ;
- raccourcit ses foulées ;
- hésite sur un sol dur ;
- tourne difficilement ;
- reporte fréquemment son poids d’un pied sur l’autre ;
- présente des pouls digités plus marqués que d’habitude ;
- devient douloureux sur plusieurs pieds ;
- adopte une posture inhabituelle ;
- reste davantage couché ;
- refuse de donner un antérieur.
Ces signes ne sont pas tous spécifiques de la fourbure. Un abcès, une contusion, une fracture ou une autre affection du pied peuvent parfois produire des symptômes similaires.
C’est précisément pour cette raison qu’un examen vétérinaire est nécessaire.
Découvrez également les symptômes de la fourbure chez le cheval.
Quels signes nécessitent une intervention vétérinaire urgente ?
Certains signes augmentent fortement le niveau d’urgence.
Contactez immédiatement votre vétérinaire si le cheval :
- refuse ou hésite fortement à avancer ;
- présente une douleur importante touchant plusieurs pieds ;
- adopte une posture avec les antérieurs avancés et les postérieurs placés sous le corps ;
- change constamment d’appui ;
- reste couché en raison de la douleur ;
- présente des pouls digités très marqués ;
- présente une aggravation rapide de sa locomotion ;
- souffre après une ingestion accidentelle importante de céréales ;
- développe des douleurs des pieds pendant ou après une maladie systémique grave ;
- vient de présenter une rétention placentaire ou une métrite ;
- ne peut plus prendre appui sur un membre et surcharge fortement le membre opposé.
La fourbure est considérée comme une urgence médicale équine. Une séparation importante des lamelles peut entraîner une rotation ou une descente de la troisième phalange. L’IFCE recommande donc d’appeler le vétérinaire immédiatement lorsqu’une fourbure est suspectée.
Une fourbure légère peut-elle attendre jusqu’au lendemain ?
Il est préférable de ne pas décider seul qu’une fourbure est « légère ».
Au début de la maladie, certains chevaux présentent seulement :
- une légère raideur ;
- une réduction de l’amplitude des foulées ;
- une difficulté à tourner ;
- une sensibilité inhabituelle sur sol dur ;
- un pouls digité accentué.
Ces manifestations peuvent précéder une aggravation.
Le vétérinaire pourra déterminer par téléphone si une consultation immédiate est nécessaire et vous indiquer les premières mesures à mettre en place.
Chez un cheval présentant un antécédent de fourbure, une dysrégulation de l’insuline, un syndrome métabolique équin ou un PPID, la prudence doit être encore plus grande.
Pourquoi ne faut-il pas attendre que la douleur soit intense ?
La gravité de la fourbure ne peut pas être évaluée uniquement à partir de l’intensité visible de la douleur.
Pendant la phase de développement, des lésions peuvent commencer à apparaître dans l’appareil lamellaire avant même que le cheval ne soit franchement boiteux.
Lorsque les signes cliniques apparaissent, l’objectif est notamment d’éviter une aggravation des lésions et de maintenir la troisième phalange aussi stable que possible.
Dans les formes sévères, une défaillance de l’appareil lamellaire peut entraîner :
- une rotation de la troisième phalange ;
- une descente de P3 ;
- une réduction de la profondeur de sole ;
- des compressions des tissus sous P3 ;
- une déformation progressive du sabot ;
- une douleur chronique.
La distinction entre fourbure aiguë et fourbure chronique chez le cheval dépend notamment de la présence ou non d’un déplacement de la troisième phalange.
Que faire en attendant l’arrivée du vétérinaire ?
Les premières décisions sont importantes.
1. Ne forcez pas le cheval à marcher
Il ne faut pas promener le cheval pour :
- vérifier sa boiterie ;
- « relancer la circulation » ;
- éviter qu’il reste immobile ;
- essayer de diminuer sa raideur.
Lors d’une fourbure, les lamelles peuvent être fragilisées. Les déplacements inutiles augmentent les forces exercées sur le pied.
Le vétérinaire décidera ensuite du niveau de mobilité autorisé selon la situation.
2. Limitez les déplacements
Laissez idéalement le cheval dans l’endroit où il se trouve si celui-ci est sûr et confortable.
S’il doit être déplacé de quelques mètres vers une surface plus appropriée, demandez conseil au vétérinaire lorsque la douleur est importante.
3. Fournissez une surface confortable
Une litière profonde et déformable permet au cheval de choisir la position du pied qui lui procure le plus de confort.
Selon l’environnement, une épaisse couche de copeaux, de paille adaptée ou un sol meuble peut être utilisée.
Le cheval doit pouvoir se coucher s’il le souhaite.
4. Supprimez l’accès aux concentrés et au pâturage en cas de suspicion métabolique ou alimentaire
Si une fourbure endocrinienne ou alimentaire est suspectée :
- retirez les céréales et les concentrés ;
- empêchez temporairement l’accès à l’herbe ;
- laissez de l’eau propre à disposition ;
- demandez au vétérinaire comment gérer le fourrage.
Ne laissez pas systématiquement le cheval à jeun pendant une longue période sans indication vétérinaire.
5. Préparez les informations importantes
Avant l’arrivée du vétérinaire, essayez de rassembler :
- l’heure approximative du début des signes ;
- l’évolution de la douleur ;
- les aliments consommés ;
- les éventuelles modifications de pâturage ;
- la quantité de céréales éventuellement ingérée ;
- les traitements déjà administrés ;
- les antécédents de fourbure ;
- les maladies récentes ;
- l’âge du cheval ;
- les éventuels résultats de tests endocriniens.
Ces informations peuvent orienter rapidement la recherche de la cause.
Faut-il mettre les pieds dans la glace avant l’arrivée du vétérinaire ?
La cryothérapie peut avoir un intérêt majeur dans certaines situations, particulièrement pendant la phase de développement et au début de certaines formes aiguës de fourbure.
Le refroidissement doit toutefois être réalisé correctement.
Une véritable cryothérapie nécessite un refroidissement suffisamment important et continu de la partie distale du membre. Quelques minutes avec un sac de glace posé occasionnellement sur le sabot ne correspondent pas à un protocole efficace.
La pertinence de la cryothérapie dépend également du contexte clinique.
Appelez donc le vétérinaire rapidement afin de savoir si elle doit être mise en place et comment la réaliser correctement.
Les données vétérinaires actuelles considèrent la cryothérapie comme l’une des interventions les plus efficaces pour limiter les lésions lamellaires lorsqu’elle est utilisée précocement dans les situations appropriées.

Peut-on donner un anti-inflammatoire avant l’arrivée du vétérinaire ?
N’administrez pas un médicament simplement parce qu’il a été prescrit lors d’une ancienne crise.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont fréquemment utilisés pour contrôler la douleur associée à la fourbure, mais :
- le produit doit être adapté au cheval ;
- la dose doit être correcte ;
- certaines maladies rénales, digestives ou générales peuvent modifier leur utilisation ;
- l’administration de plusieurs AINS simultanément peut augmenter le risque d’effets indésirables ;
- un traitement préalable peut modifier certaines observations cliniques.
Si votre vétérinaire vous a déjà donné un protocole précis à utiliser lors d’une récidive, suivez ses instructions.
Sinon, appelez-le avant d’administrer le médicament.
Faut-il enlever les fers immédiatement ?
Pas automatiquement.
Il peut être tentant de déferrer immédiatement un cheval suspect de fourbure, mais cette décision dépend :
- du type de ferrure ;
- de la douleur ;
- de la stabilité du pied ;
- du type de soutien déjà présent ;
- de l’état de la paroi ;
- des constatations radiographiques.
Le fait de lever longtemps un pied douloureux peut également augmenter temporairement la charge supportée par le membre opposé.
Le Merck Veterinary Manual souligne que la décision de retirer une ferrure pendant la phase aiguë doit être réfléchie et adaptée au cas.
Ne retirez donc pas systématiquement les fers avant l’examen vétérinaire, sauf instruction spécifique de votre vétérinaire ou situation particulière.
Faut-il transporter le cheval en clinique ?
Pas sans en discuter préalablement avec le vétérinaire.
Un transport impose :
- de marcher jusqu’au véhicule ;
- de monter et descendre du van ;
- de maintenir son équilibre pendant le trajet ;
- de supporter des forces supplémentaires sur des pieds douloureux.
Dans certains cas, l’intérêt d’une hospitalisation et d’examens spécialisés justifie le transport. Dans d’autres, le vétérinaire pourra commencer la prise en charge sur place.
La décision dépend notamment :
- de l’intensité de la douleur ;
- de la stabilité du cheval ;
- des examens nécessaires ;
- de la distance ;
- de la possibilité de réaliser des radiographies sur place ;
- des moyens disponibles pour soutenir les pieds pendant le transport.
Lors d’une fourbure sévère, l’organisation du transport doit donc être discutée avec le vétérinaire.
Que va faire le vétérinaire ?
Le rôle du vétérinaire ne se limite pas à confirmer que le cheval est fourbu.
Il doit répondre à plusieurs questions :
- la douleur provient-elle réellement d’une fourbure ?
- quels pieds sont atteints ?
- quelle est la gravité de la situation ?
- la troisième phalange est-elle encore stable ?
- quelle est la cause ?
- comment limiter les lésions supplémentaires ?
- quel soutien mécanique du pied est nécessaire ?
1. Observer le cheval avant de le déplacer
Le vétérinaire commence souvent par observer le cheval au repos.
Il évalue notamment :
- sa posture ;
- la manière dont il répartit son poids ;
- les changements d’appui ;
- sa volonté de se déplacer ;
- son état général ;
- sa fréquence respiratoire ;
- les signes visibles de douleur.
Il est important d’observer le cheval avant de multiplier les déplacements, car certains signes sont particulièrement visibles lorsqu’il reste naturellement dans son box.
2. Palper les pouls digités
Les artères digitales peuvent être palpées au niveau de la région du boulet et du paturon.
Un pouls digité fortement accentué indique une augmentation de l’activité vasculaire ou de la pression dans le pied, mais il n’est pas spécifique de la fourbure.
Un abcès de pied peut également provoquer un pouls digité très marqué.
L’interprétation dépend donc :
- du nombre de pieds concernés ;
- de la locomotion ;
- de la sensibilité ;
- de l’historique ;
- des autres constatations cliniques.
3. Examiner les sabots
Le vétérinaire recherche notamment :
- une chaleur persistante ;
- une douleur de la sole ;
- une sensibilité particulière en pince ;
- des déformations anciennes ;
- une ligne blanche élargie ;
- des anneaux de croissance divergents ;
- une sole anormalement plate ou convexe ;
- un abcès ;
- une plaie pénétrante ;
- une autre cause de douleur du pied.
Une pince exploratrice peut être utilisée pour évaluer la sensibilité de différentes régions du sabot.
4. Examiner la locomotion avec prudence
Si le cheval peut se déplacer sans douleur excessive, quelques pas peuvent apporter des informations utiles.
Le vétérinaire peut observer :
- la longueur des foulées ;
- la facilité à tourner ;
- la symétrie ;
- la réticence à avancer ;
- la manière dont le cheval pose ses pieds.
Les mouvements ne doivent pas être répétés inutilement chez un cheval très douloureux.
5. Réaliser des radiographies
Les radiographies sont particulièrement importantes pour évaluer la relation entre la troisième phalange et la boîte cornée.
Elles permettent notamment de mesurer ou d’évaluer :
- l’alignement de P3 avec la paroi dorsale ;
- la distance entre P3 et la paroi ;
- la profondeur de sole ;
- une éventuelle rotation ;
- une descente de la troisième phalange ;
- un déplacement asymétrique ;
- certaines lésions osseuses chroniques.
Une radiographie normale ou presque normale au début n’exclut pas une fourbure aiguë.
Des clichés initiaux peuvent cependant constituer une référence utile pour détecter une éventuelle évolution.
Retrouvez les différentes étapes dans notre article consacré au diagnostic de la fourbure chez le cheval.

Pourquoi le vétérinaire doit-il rechercher la cause ?
La fourbure n’est pas une maladie ayant une cause unique.
Traiter uniquement la douleur du pied sans identifier le facteur déclenchant expose le cheval à une aggravation ou à une récidive.
Les principaux mécanismes recherchés sont notamment :
- la fourbure associée à une dysrégulation de l’insuline ;
- le syndrome métabolique équin ;
- le PPID chez certains chevaux âgés ;
- une ingestion massive de glucides ;
- une maladie systémique sévère ;
- une fourbure de surcharge d’un membre.
Dysrégulation de l’insuline et syndrome métabolique équin
Chez les poneys et les chevaux qui prennent facilement du poids, la dysrégulation de l’insuline constitue une cause majeure de fourbure.
Le vétérinaire peut évaluer :
- l’état corporel ;
- les dépôts graisseux localisés ;
- l’encolure ;
- les antécédents de fourbure ;
- l’alimentation ;
- le pâturage.
Selon la situation, une analyse de l’insuline ou un test dynamique peut être proposé.
Les recommandations de l’Equine Endocrinology Group considèrent la dysrégulation de l’insuline comme un élément central du syndrome métabolique équin et du risque de fourbure.
Recherche d’un PPID
Chez un cheval âgé, le vétérinaire peut rechercher un PPID lorsque la présentation clinique est compatible.
Les signes possibles comprennent :
- une mue anormale ;
- un poil long ;
- une fonte musculaire ;
- une augmentation de la soif ;
- des infections répétées ;
- une fourbure inexpliquée ou récidivante.
Un dosage de l’ACTH ou d’autres tests adaptés peuvent être proposés.
Le PPID et la dysrégulation de l’insuline peuvent coexister.
Maladie systémique sévère
Une fourbure peut apparaître dans le contexte :
- d’une colite ;
- d’une diarrhée sévère ;
- d’une septicémie ;
- d’une pneumonie importante ;
- d’une métrite ;
- d’une rétention placentaire ;
- d’autres maladies inflammatoires graves.
Dans ces situations, le traitement de la maladie initiale est aussi important que la prise en charge des pieds.
Fourbure de soutien
Lorsqu’un cheval ne peut plus charger correctement un membre à cause d’une fracture, d’une infection ou d’une douleur très importante, le membre opposé supporte une charge excessive.
Une fourbure dite de soutien peut alors apparaître.
La prévention repose notamment sur :
- le contrôle de la douleur du membre initialement atteint ;
- la réduction de la surcharge ;
- le soutien du membre opposé ;
- une surveillance attentive du pouls digité et du confort.
Comment le vétérinaire traite-t-il une fourbure ?
Il n’existe pas un protocole unique applicable à tous les chevaux.
La prise en charge dépend :
- de la cause ;
- du stade de la fourbure ;
- de l’intensité de la douleur ;
- des radiographies ;
- du nombre de pieds atteints ;
- de l’état général du cheval.
Les grands objectifs sont :
Contrôler la douleur
Les AINS constituent fréquemment la base de l’analgésie. Dans les cas sévères, d’autres stratégies peuvent être nécessaires.
Traiter la cause
Une fourbure endocrinienne, une colite sévère ou une surcharge mécanique ne se traitent pas de la même façon.
Limiter les contraintes mécaniques
Le cheval est généralement placé sur une surface confortable avec des déplacements limités.
Des matériaux de soutien de la sole, de la fourchette ou de la région caudale du pied peuvent être utilisés selon le cas.
Utiliser la cryothérapie lorsqu’elle est indiquée
Le refroidissement prolongé peut être particulièrement intéressant au début de certaines formes de fourbure.
Surveiller l’évolution
Les contrôles cliniques et radiographiques permettent de rechercher une éventuelle modification de la position de P3.
Pour approfondir la prise en charge, consultez notre article sur le traitement de la fourbure chez le cheval.
Quel est le rôle du maréchal-ferrant ?
Le vétérinaire et le maréchal-ferrant ont des rôles complémentaires.
Le vétérinaire :
- pose le diagnostic ;
- recherche la cause ;
- contrôle la douleur ;
- réalise et interprète les radiographies ;
- évalue l’évolution.
Le maréchal-ferrant intervient sur la gestion mécanique du sabot :
- parage ;
- modification du breakover ;
- soutien de certaines régions du pied ;
- adaptation d’une ferrure ou d’un dispositif de protection lorsque cela est indiqué.
Dans les formes chroniques, les radiographies sont particulièrement utiles pour déterminer la position de la troisième phalange et guider le travail sur le sabot.
Il n’existe pas un fer universel pour la fourbure.
Le dispositif doit être choisi en fonction du pied, de la position de P3, de la profondeur de sole et du confort du cheval.
Pour comprendre les structures concernées, consultez notre article sur le rôle du sabot chez le cheval.

Dans quels cas une hospitalisation peut-elle être nécessaire ?
Une hospitalisation peut être proposée lorsque :
- la douleur est difficile à contrôler ;
- plusieurs pieds sont sévèrement atteints ;
- le cheval nécessite une cryothérapie continue ;
- une maladie systémique grave doit être traitée ;
- des examens complémentaires sont nécessaires ;
- un suivi radiographique rapproché est indiqué ;
- des dispositifs de soutien complexes doivent être installés ;
- l’environnement disponible à domicile n’est pas adapté.
Une hospitalisation n’est cependant pas indispensable pour toutes les fourbures.
De nombreux cas peuvent être pris en charge sur place avec un suivi vétérinaire régulier lorsque le cheval reste stable et que les conditions sont adaptées.
Comment surveiller le cheval après la visite ?
Le propriétaire joue un rôle important dans le suivi.
Selon les instructions du vétérinaire, surveillez :
- la volonté de se déplacer ;
- la fréquence des changements d’appui ;
- le temps passé couché ;
- l’appétit ;
- les pouls digités ;
- l’évolution de la douleur ;
- les traitements administrés ;
- l’état des dispositifs de soutien ;
- l’apparition d’une nouvelle douleur sur un autre membre.
Contactez de nouveau le vétérinaire en cas :
- d’aggravation de la douleur ;
- de refus de se lever ;
- de diminution importante de l’appétit ;
- de détérioration rapide de la locomotion ;
- de déplacement ou détérioration du soutien du pied ;
- d’apparition d’un écoulement ou d’une plaie de la sole ;
- de tout changement préoccupant.
Quand faut-il refaire des radiographies ?
La fréquence des contrôles radiographiques dépend du cas.
Des radiographies peuvent être répétées lorsque :
- la douleur persiste ou s’aggrave ;
- un déplacement de P3 est suspecté ;
- un parage thérapeutique doit être guidé ;
- la profondeur de sole doit être contrôlée ;
- la fourbure est devenue chronique ;
- le cheval doit reprendre progressivement son activité.
Il n’existe pas un calendrier identique pour tous les chevaux.
Le vétérinaire choisit la fréquence en fonction de l’évolution clinique et des premières images.
Quand le cheval peut-il recommencer à marcher ou travailler ?
L’amélioration apparente de la démarche ne signifie pas nécessairement que les lamelles sont complètement réparées.
La reprise dépend :
- de la disparition de la douleur ;
- de la stabilité du pied ;
- des radiographies lorsque celles-ci sont nécessaires ;
- de la qualité et de la profondeur de sole ;
- de la cause initiale ;
- de l’évolution de la boîte cornée ;
- de l’avis du vétérinaire et du maréchal-ferrant.
Une reprise trop précoce peut exposer un pied encore fragilisé à des contraintes excessives.
Chez certains chevaux ayant subi une fourbure sévère, plusieurs mois peuvent être nécessaires avant d’envisager une reprise significative de l’activité.
Comment réduire le risque de nouvelle crise ?
Une fois la phase aiguë contrôlée, la prévention devient essentielle.
Elle peut notamment comprendre :
- le contrôle du poids ;
- l’adaptation de la ration ;
- la gestion du pâturage ;
- la recherche et le contrôle d’une dysrégulation de l’insuline ;
- le dépistage et le traitement du PPID lorsque cela est indiqué ;
- le suivi régulier du sabot ;
- l’exercice adapté une fois le cheval stabilisé ;
- la prévention des ingestions accidentelles de céréales.
Consultez notre guide complet consacré à la prévention de la fourbure chez le cheval.
Tableau : quand appeler le vétérinaire ?
| Situation | Niveau d’urgence | Conduite |
|---|---|---|
| Raideur récente et inhabituelle | Rapide | Appeler le vétérinaire pour avis |
| Difficulté à tourner | Rapide | Limiter les déplacements et appeler |
| Pouls digités marqués sur plusieurs pieds | Rapide | Appeler et surveiller la locomotion |
| Cheval qui refuse d’avancer | Urgence | Ne pas forcer à marcher et appeler immédiatement |
| Posture antalgique caractéristique | Urgence | Immobiliser confortablement et appeler |
| Douleur après ingestion de céréales | Urgence | Appeler sans attendre les signes sévères |
| Colite, métrite ou maladie systémique grave | Risque élevé | Surveillance et prévention vétérinaire |
| Nouvelle douleur chez un cheval déjà fourbu | Urgence potentielle | Contacter le vétérinaire |
| Corps étranger planté dans le sabot | Urgence | Ne pas le retirer sans avis vétérinaire |
| Simple sabot chaud sans autre signe | À surveiller | Comparer les pieds et rechercher d’autres signes |
FAQ : vétérinaire et fourbure du cheval
Dois-je appeler le vétérinaire pour une simple suspicion de fourbure ?
Oui. Il vaut mieux contacter le vétérinaire tôt et décrire les signes. Il pourra déterminer le degré d’urgence et vous indiquer les premières mesures.
Mon cheval marche encore : peut-il quand même être fourbu ?
Oui. Les formes précoces ou modérées peuvent provoquer seulement une raideur, une gêne sur sol dur ou une difficulté dans les tournants.
Les quatre pieds doivent-ils être chauds ?
Non. La fourbure peut toucher deux antérieurs, les quatre pieds, les postérieurs ou parfois un seul pied dans certaines formes de surcharge.
La chaleur seule n’est pas suffisante pour établir un diagnostic.
Dois-je faire marcher mon cheval pour vérifier ?
Non. Si une fourbure est suspectée, évitez les déplacements inutiles.
Puis-je lui donner de la phénylbutazone avant l’arrivée du vétérinaire ?
Uniquement si votre vétérinaire vous a donné une instruction adaptée à ce cheval et à cette situation. Dans le doute, appelez avant de l’administrer.
Dois-je retirer immédiatement ses fers ?
Pas systématiquement. La décision dépend de la ferrure, du stade de la maladie et du soutien recherché.
Puis-je commencer à refroidir les pieds ?
Une cryothérapie précoce peut être utile dans certaines situations. Contactez rapidement le vétérinaire afin de mettre en place une technique appropriée.
Une radiographie normale signifie-t-elle que le cheval n’a pas de fourbure ?
Non. Au début d’une fourbure aiguë, P3 peut encore être normalement positionnée.
Le vétérinaire peut-il traiter seul sans maréchal-ferrant ?
Dans la phase initiale, le vétérinaire dirige la prise en charge médicale. Lorsque la gestion mécanique du sabot devient nécessaire, la collaboration avec un maréchal-ferrant est souvent très importante.
Une fourbure peut-elle récidiver après guérison ?
Oui. Le risque persiste particulièrement lorsque la cause métabolique ou alimentaire n’est pas correctement contrôlée.
Sources et références
Cet article s’appuie notamment sur :
- les recommandations de l’IFCE concernant la reconnaissance de la fourbure, son caractère d’urgence et les principes généraux de prise en charge ;
- le Merck Veterinary Manual concernant les phases de la fourbure, le diagnostic, les radiographies, la cryothérapie et les principes de traitement ;
- les ressources de l’American Association of Equine Practitioners concernant la reconnaissance précoce de la fourbure et la santé du pied ;
- les recommandations de l’Equine Endocrinology Group concernant la dysrégulation de l’insuline, le syndrome métabolique équin et le PPID.
Conclusion
Lorsqu’une fourbure est suspectée chez un cheval, il ne faut pas attendre que la douleur devienne sévère avant de contacter le vétérinaire.
Une raideur inhabituelle, une difficulté à tourner, des pouls digités marqués ou un changement soudain de locomotion peuvent déjà justifier un appel.
En attendant l’examen :
- limitez les déplacements ;
- ne forcez pas le cheval à marcher ;
- placez-le sur une surface confortable ;
- retirez l’accès aux concentrés et au pâturage si une cause alimentaire ou métabolique est suspectée ;
- demandez conseil avant d’administrer un médicament ou de modifier la ferrure.
Le vétérinaire devra ensuite confirmer le diagnostic, évaluer la stabilité de la troisième phalange, soulager la douleur et surtout rechercher la cause.
Dans la fourbure, l’objectif n’est pas seulement de traiter le pied douloureux : il est de protéger les lamelles suffisamment tôt pour empêcher autant que possible que les lésions deviennent structurelles et durables.
Pour des conseils vétérinaires détaillés, consultez aussi la fiche fourbure équine de l’IFCE.