Un cheval qui sourit semble parfois relever la lèvre supérieure et montrer ses dents. Pourtant, ce comportement ne correspond généralement pas à un sourire comparable à celui d’un humain.
Il s’agit souvent du flehmen, une réponse olfactive particulière qui aide le cheval à analyser certaines informations chimiques présentes dans son environnement.
Ce comportement est particulièrement connu chez l’étalon lorsqu’il explore l’urine ou les sécrétions d’une jument, mais il peut également être observé chez les juments, les hongres et les jeunes chevaux.
Il faut surtout savoir le distinguer d’un bâillement, d’une menace de morsure ou d’une expression liée à l’inconfort ou à la douleur.
Pourquoi un cheval semble-t-il sourire ?
Lors du flehmen, le cheval relève généralement la tête, étend légèrement l’encolure et retrousse fortement sa lèvre supérieure. Les incisives peuvent devenir visibles pendant quelques secondes.
Cette posture facilite l’analyse de certaines molécules odorantes par le système voméronasal, qui comprend l’organe de Jacobson.
Le fameux « sourire » du cheval est donc davantage un comportement sensoriel qu’une expression émotionnelle comparable au sourire humain.
À quoi ressemble le flehmen chez le cheval ?

Un cheval qui réalise un flehmen présente généralement plusieurs signes caractéristiques :
- tête légèrement ou nettement relevée ;
- encolure étendue ;
- lèvre supérieure fortement retroussée ;
- incisives supérieures parfois visibles ;
- naseaux souvent partiellement fermés ;
- posture maintenue pendant quelques secondes.
Le comportement apparaît souvent juste après que le cheval a reniflé une odeur particulière, puis disparaît spontanément.
Pourquoi le cheval fait-il le flehmen ?
Le flehmen peut apparaître après l’exploration :
- de l’urine ;
- des crottins ;
- des sécrétions d’un autre cheval ;
- du sol où un congénère vient d’uriner ;
- de certaines odeurs nouvelles.
Le système olfactif principal et le système voméronasal participent tous deux à l’analyse chimique de l’environnement.
Chez l’étalon

Le flehmen est particulièrement fréquent chez l’étalon lorsqu’il explore l’urine d’une jument. Dans ce contexte, les informations chimiques peuvent contribuer à l’évaluation de son état reproducteur.
Mais il serait faux de dire que le flehmen sert uniquement à détecter les chaleurs. Un étalon peut également le présenter après avoir exploré d’autres substances.
Les juments et les hongres peuvent eux aussi faire le flehmen. Le comportement n’est donc pas réservé aux mâles entiers.
Cheval qui sourit ou cheval qui bâille : comment faire la différence ?
Le flehmen et le bâillement sont parfois confondus, car les deux modifient fortement l’expression de la bouche.

| Flehmen | Bâillement |
|---|---|
| Lèvre supérieure fortement retroussée | Bouche largement ouverte |
| Tête souvent relevée | Mâchoires très ouvertes |
| Naseaux souvent partiellement fermés | Pas de fermeture caractéristique |
| Souvent après exploration d’une odeur | Peut apparaître dans différents contextes |
Lors du bâillement, la bouche s’ouvre largement et les mâchoires s’étirent. Lors du flehmen, c’est surtout la lèvre supérieure qui se retrousse.
Pour approfondir : Cheval qui bâille : signification, causes et quand s’inquiéter.
Un cheval qui montre les dents est-il en train de sourire ?
Pas forcément. Un cheval peut montrer ses dents pendant :
- un flehmen ;
- un bâillement ;
- une menace de morsure ;
- certaines interactions sociales ;
- certaines situations d’inconfort.
Le reste du corps est donc essentiel pour interpréter correctement la situation.
Un cheval qui menace peut présenter une posture tendue et des oreilles fortement rabattues vers l’arrière.
Pour mieux interpréter ces signaux : Langage des oreilles du cheval : ce qu’elles peuvent vraiment indiquer.
Si les dents sont montrées dans un contexte de menace, consultez également Cheval qui mord : pourquoi et que faire ?.
Flehmen ou douleur : quand faut-il être vigilant ?
Toutes les expressions faciales inhabituelles ne correspondent pas à un flehmen.
La douleur peut modifier :
- les oreilles ;
- le regard ;
- les muscles autour des yeux ;
- les naseaux ;
- le museau ;
- la tension des lèvres.
Une évaluation vétérinaire peut être nécessaire si l’expression inhabituelle constitue un changement récent ou s’accompagne notamment :
- d’une perte d’appétit ;
- de signes de colique ;
- de boiterie ;
- de difficultés à manger ;
- d’abattement ;
- d’autres signes d’inconfort.
Une photographie isolée peut donc être trompeuse. Il faut toujours observer le cheval dans son ensemble et replacer l’expression faciale dans son contexte.
Le cheval qui sourit est-il heureux ?
Pas nécessairement. Un cheval qui réalise un flehmen ne nous indique pas qu’il est heureux.
Les chevaux expriment bien leurs états émotionnels grâce à différents signaux faciaux et corporels, mais le flehmen possède avant tout une fonction sensorielle.
Il faut donc éviter l’anthropomorphisme :
cheval qui retrousse la lèvre ≠ cheval qui sourit de bonheur.
Faut-il empêcher un cheval de faire le flehmen ?
Non. Le flehmen est un comportement naturel. Il n’y a aucune raison de punir le cheval ou de forcer sa lèvre à redescendre.
Il suffit de le laisser terminer son comportement.
Gardez toutefois les règles habituelles de sécurité : évitez de placer votre visage ou vos doigts près de sa bouche pendant qu’il explore une odeur.
Pourquoi mon cheval fait-il souvent le flehmen ?
La fréquence varie selon les individus et le contexte. Un étalon exposé régulièrement à des juments peut en présenter davantage qu’un hongre.
Une augmentation soudaine mérite cependant d’être replacée dans son contexte. Demandez-vous :
- qu’a-t-il reniflé juste avant ?
- le comportement ressemble-t-il vraiment à un flehmen ?
- pourrait-il s’agir d’un bâillement ?
- d’autres signes d’inconfort sont-ils présents ?
- s’agit-il d’un changement récent ?
Le flehmen lui-même n’est généralement pas préoccupant. Ce sont surtout les signes associés qui peuvent modifier l’interprétation.
Cheval qui sourit : ce qu’il faut retenir
Un cheval qui sourit réalise souvent un flehmen : il retrousse sa lèvre supérieure afin de faciliter l’analyse de certaines informations olfactives par son système voméronasal.
Le comportement est particulièrement fréquent dans certains contextes reproductifs, mais il peut être observé chez tous les chevaux.
La clé reste le contexte.
Un flehmen ne doit pas être confondu avec un bâillement, une menace ou une expression liée à la douleur.
Pour replacer ce comportement dans l’ensemble du langage corporel équin, consultez Comprendre le comportement du cheval : guide complet.
FAQ sur le cheval qui sourit
Pourquoi mon cheval retrousse-t-il sa lèvre supérieure ?
Il peut réaliser un flehmen après avoir reniflé une odeur particulière, notamment de l’urine ou d’autres substances biologiques.
Les hongres font-ils le flehmen ?
Oui. Les hongres, les juments et les jeunes chevaux peuvent eux aussi présenter ce comportement.
Un cheval qui grimace souffre-t-il ?
Pas nécessairement. Un flehmen normal peut ressembler à une grimace. En revanche, une expression inhabituelle répétée associée à d’autres signes de douleur doit être prise au sérieux.
Sources
- Olfactory Stimulation as Environmental Enrichment for Domestic Horses—A Review .
- Sensory Abilities of Horses and Their Importance for Equitation Science.
- Review of the Foundational Knowledge Required for Assessing Horse Welfare.
- Behavioral responses of horses vary in response to potentially threatening odor condition and aversive social odor stimuli.
- Gleerup K.B. et al. — An equine pain face.
- Anatomical and functional basis of facial expressions and their relationship with emotions in horses.