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Signes de coliques chez le cheval : les reconnaître et réagir rapidement

Horse Education Rédigé par un docteur vétérinaire Publié le · mis à jour le · 12 min de lecture
Observé au paddock pour repérer les premiers signes de coliques chez le cheval
Image d’illustration générée par IA

Un cheval qui mange moins, regarde régulièrement son flanc, gratte le sol ou se couche davantage que d’habitude peut présenter les premiers signes d’une colique.

Chez le cheval, le terme colique ne désigne pas une maladie unique. Il décrit principalement un syndrome de douleur abdominale pouvant avoir de nombreuses causes : accumulation de gaz, spasmes intestinaux, impaction, déplacement ou torsion d’un segment intestinal, inflammation digestive ou encore d’autres affections abdominales.

Certaines coliques restent légères et répondent rapidement au traitement médical. D’autres peuvent évoluer vers une urgence nécessitant une hospitalisation ou une intervention chirurgicale. Les signes observés à eux seuls ne permettent pas de déterminer la cause exacte ni de savoir si une chirurgie sera nécessaire. 

Toute suspicion de colique mérite donc un contact rapide avec le vétérinaire, sans attendre l’apparition de signes spectaculaires.

Table des matières

1. Quels sont les premiers signes de coliques chez le cheval ?

Les premiers signes peuvent être très discrets. Tous les chevaux n’expriment pas la douleur de la même manière : certains deviennent très agités alors que d’autres restent simplement plus calmes ou abattus que d’habitude. 

Les signes précoces à surveiller comprennent notamment :

  • diminution ou perte d’appétit ;
  • cheval inhabituellement calme, abattu ou isolé ;
  • intérêt réduit pour le foin ou l’herbe ;
  • regard répété vers les flancs ;
  • grattage du sol avec un antérieur ;
  • cheval qui se couche davantage que d’habitude ;
  • changements fréquents de position ;
  • étirement du corps comme pour uriner ;
  • flehmen, avec la lèvre supérieure relevée ;
  • diminution de la quantité de crottins ;
  • crottins plus petits, plus secs ou de consistance inhabituelle ;
  • agitation légère ou difficulté à rester immobile.

La baisse d’appétit, la diminution des crottins et le fait de se coucher plus fréquemment peuvent notamment apparaître lors de formes relativement discrètes. 

Un cheval qui fait encore des crottins peut-il avoir une colique ?

Le passage de crottins est une information utile, mais il ne suffit pas à exclure une colique. Le contenu déjà situé dans les parties terminales du tube digestif peut encore être évacué alors qu’un problème se développe ailleurs.

Il faut donc considérer l’ensemble du comportement du cheval, et non utiliser la présence ou l’absence de crottins comme seul critère.

Cheval au paddock observé pour repérer les premiers signes de coliques
Image d’illustration générée par IA

2. Quels signes indiquent une douleur abdominale plus importante ?

Lorsque la douleur devient plus marquée, les signes peuvent devenir beaucoup plus évidents :

  • grattage répété du sol ;
  • cheval qui se couche puis se relève plusieurs fois ;
  • tentatives répétées de se rouler ;
  • roulements parfois violents ;
  • coups de pied ou morsures dirigés vers l’abdomen ;
  • agitation importante ;
  • déplacements répétés dans le box ;
  • transpiration inexpliquée ;
  • respiration accélérée ;
  • abdomen paraissant distendu ;
  • absence d’intérêt pour la nourriture ;
  • abattement marqué ;
  • impossibilité de trouver une position confortable.

La BHS regroupe notamment parmi les signes d’alerte l’agitation, les tentatives répétées de se coucher, les roulades, la transpiration, la diminution de l’appétit ou des crottins, le regard vers les flancs et les modifications des paramètres cliniques. 

L’intensité visible de la douleur ne permet cependant pas, à elle seule, de connaître la gravité de la lésion. Certaines affections nécessitant une prise en charge importante peuvent initialement présenter des signes relativement modérés. 

3. Pourquoi un cheval en colique peut-il sembler vouloir uriner ?

Un cheval souffrant de douleur abdominale peut adopter une posture étirée ressemblant à celle de la miction.

Il peut placer les antérieurs vers l’avant et les postérieurs vers l’arrière, comme s’il essayait d’uriner.

Cette posture est décrite parmi les signes classiques de colique et ne signifie donc pas automatiquement que le problème est urinaire. 

D’autres signes et l’examen vétérinaire sont nécessaires pour distinguer une douleur digestive d’un problème touchant un autre appareil.

4. Quels paramètres peut-on observer avant l’arrivée du vétérinaire ?

Si le cheval est suffisamment calme et si cela peut être fait sans danger, quelques observations peuvent être très utiles au vétérinaire.

Comportement

Notez :

  • l’heure à laquelle les premiers signes ont été observés ;
  • leur évolution ;
  • la fréquence des épisodes douloureux ;
  • les moments où le cheval se couche ou roule ;
  • une éventuelle amélioration puis réapparition de la douleur.

Appétit et abreuvement

Essayez de déterminer :

  • quand le cheval a mangé pour la dernière fois ;
  • ce qu’il a mangé ;
  • s’il a bu normalement ;
  • s’il existe une modification récente du fourrage, du concentré ou de l’accès au pâturage.

Crottins

Notez :

  • l’heure des derniers crottins ;
  • leur quantité approximative ;
  • leur consistance ;
  • leur aspect inhabituel éventuel.

Paramètres vitaux

Pour un cheval adulte au repos, des valeurs généralement rencontrées sont approximativement

ParamètreValeur indicative chez le cheval adulte au repos
Température rectale37,2–38,6 °C
Fréquence cardiaque28–44 battements/min
Fréquence respiratoire10–24 mouvements/min
Muqueusesroses, humides et brillantes
Temps de remplissage capillaire1–2 secondes

Ces valeurs sont des repères généraux et peuvent varier selon le cheval et le contexte. Il est particulièrement utile de connaître les valeurs habituelles de son propre cheval lorsqu’il est sain. 

Une augmentation de la fréquence cardiaque peut notamment être associée à la douleur, à la déshydratation ou à une altération cardiovasculaire ; l’interprétation doit toutefois se faire avec l’ensemble de l’examen clinique. 

5. Quand faut-il appeler le vétérinaire ?

Dès qu’une colique est suspectée, il est préférable de contacter le vétérinaire rapidement.

N’attendez pas :

  • que le cheval se roule violemment ;
  • qu’il cesse totalement de faire des crottins ;
  • que plusieurs symptômes apparaissent en même temps ;
  • ou que la douleur dure plusieurs heures.

Les cas peuvent évoluer rapidement et la reconnaissance précoce permet au vétérinaire d’évaluer la situation avant une éventuelle aggravation. 

L’appel devient particulièrement urgent lorsque :

  • la douleur est importante ou répétée ;
  • le cheval se roule ou se jette au sol de manière incontrôlable ;
  • la douleur ne disparaît pas ou revient après une amélioration ;
  • l’abdomen est fortement distendu ;
  • le cheval transpire abondamment sans effort ;
  • son état général se détériore ;
  • les muqueuses deviennent anormales ;
  • la fréquence cardiaque augmente nettement ;
  • le cheval devient très abattu ;
  • ou le vétérinaire recommande une référence vers une clinique.

Une douleur persistante malgré le traitement ou qui réapparaît peut faire partie des éléments incitant le vétérinaire à envisager une investigation plus poussée ou une référence chirurgicale.

6. Que faire en attendant le vétérinaire ?

Appelez d’abord le vétérinaire

Expliquez précisément :

  • les signes observés ;
  • leur heure de début ;
  • leur évolution ;
  • la dernière prise alimentaire ;
  • les derniers crottins ;
  • tout changement récent d’alimentation ou de gestion ;
  • les médicaments éventuellement administrés ;
  • les antécédents de colique ou de chirurgie abdominale.

Ces informations participent directement à l’évaluation du cas. 

Retirez la nourriture

En attendant les instructions du vétérinaire, retirez le foin, l’herbe accessible et les concentrés.

Il est préférable d’éviter que le cheval continue à ingérer des aliments alors qu’une obstruction digestive est possible. 

Retrait de la nourriture chez un cheval présentant des signes de coliques
Image d’illustration générée par IA

Laissez l’eau selon les instructions du vétérinaire

Les recommandations de premiers soins de UC Davis indiquent que de petites quantités d’eau peuvent rester accessibles pendant l’attente. Le vétérinaire peut cependant donner des instructions différentes selon le cas. 

Placez le cheval dans un environnement sûr

Éloignez les objets contre lesquels il pourrait se blesser.

Un cheval douloureux peut se comporter de manière inhabituelle et représenter un danger pour les personnes qui l’entourent. La sécurité du manipulateur reste prioritaire.

Faut-il faire marcher un cheval en colique ?

Une marche douce et de courte durée peut être proposée si elle est sûre et si le cheval accepte de marcher.

En revanche, il ne faut pas le forcer à marcher pendant de longues périodes ni l’épuiser.

La BHS précise qu’un cheval peut être laissé couché ou même se rouler si l’environnement le permet sans risque : le fait de rouler ne rend pas en lui-même la colique plus grave. Une marche douce peut parfois être confortable, mais elle ne doit pas être imposée à un cheval réticent. 

7. Ce qu’il ne faut pas faire

En attendant le vétérinaire :

  • ne donnez pas de médicament sans son avis ou sans protocole préalablement établi ;
  • ne multipliez pas les doses d’antalgiques parce que la douleur revient ;
  • ne forcez pas le cheval à marcher jusqu’à épuisement ;
  • ne forcez pas l’ingestion d’eau, d’huile ou d’autres liquides ;
  • ne tentez pas de passer vous-même une sonde nasogastrique ;
  • ne recommencez pas à nourrir le cheval simplement parce qu’il vient de produire quelques crottins ;
  • ne vous placez pas en danger face à un cheval qui se roule ou se débat.

UC Davis recommande explicitement de ne pas administrer de médicament sans indication vétérinaire, tandis que l’Université de Floride déconseille de forcer par seringue l’administration de nourriture, d’eau ou d’huile et rappelle que la réalimentation doit dépendre des recommandations du vétérinaire. 

Cette prudence est également importante parce que certains antalgiques peuvent modifier temporairement l’expression de la douleur et compliquer l’interprétation de l’évolution clinique. 

8. Que recherche le vétérinaire lors d’une colique ?

Le vétérinaire cherche d’abord à déterminer :

  1. l’intensité de la douleur ;
  2. l’état cardiovasculaire et l’hydratation ;
  3. la localisation probable du problème ;
  4. la présence éventuelle d’une obstruction, d’un déplacement ou d’une atteinte intestinale importante ;
  5. si le traitement peut être réalisé sur place ou si le cheval doit être référé.

Selon le cas, l’examen peut comprendre :

Examen vétérinaire d’un cheval avec auscultation du flanc lors de coliques
Image d’illustration générée par IA
  • mesure de la fréquence cardiaque et respiratoire ;
  • température ;
  • examen des muqueuses ;
  • auscultation abdominale ;
  • palpation transrectale ;
  • sondage nasogastrique ;
  • échographie abdominale ;
  • analyses sanguines ;
  • prélèvement de liquide péritonéal dans certaines situations.

Tous ces examens ne sont pas nécessaires chez chaque cheval : leur utilisation dépend des constatations cliniques et de l’évolution du cas. 

Certaines affections digestives sévères peuvent s’accompagner d’endotoxémie ou d’une inflammation systémique. Dans ce contexte, le risque de complications comme la fourbure peut augmenter. Pour mieux comprendre cette affection du pied, consultez notre guide sur la fourbure chez le cheval.

Pourquoi passer une sonde nasogastrique ?

Le cheval ne peut pas vomir. Lors de certaines obstructions intestinales, du liquide ou du gaz peut donc s’accumuler dans l’estomac.

La sonde nasogastrique permet notamment au vétérinaire de rechercher et d’évacuer ce reflux, ce qui peut réduire la distension gastrique et, dans certaines situations, contribuer à éviter une rupture de l’estomac. 

9. Une colique signifie-t-elle forcément une opération ?

Non.

De nombreux cas répondent à un traitement médical. Mais certaines obstructions mécaniques, déplacements ou lésions compromettant la vascularisation de l’intestin nécessitent une intervention chirurgicale. 

La décision ne repose jamais sur un seul signe.

Le vétérinaire prend notamment en compte :

  • l’intensité et la persistance de la douleur ;
  • la réponse au traitement ;
  • l’état cardiovasculaire ;
  • les résultats du sondage nasogastrique ;
  • la palpation rectale ;
  • l’échographie ;
  • et, si nécessaire, les analyses sanguines ou péritonéales.

Lorsqu’une chirurgie est indiquée, une décision et une référence rapides améliorent les possibilités de prise en charge. 

10. Peut-on prévenir les coliques chez le cheval ?

Toutes les coliques ne peuvent pas être évitées. Il est néanmoins possible de réduire plusieurs facteurs de risque liés à l’alimentation et à la gestion.

Favoriser une alimentation riche en fibres

Le fourrage doit constituer la base de l’alimentation de la majorité des chevaux, avec une ration adaptée à leurs besoins individuels. 

Maintenir un accès suffisant à une eau propre

Un apport hydrique insuffisant peut favoriser les impactions. L’eau propre et fraîche doit donc rester facilement accessible dans la gestion quotidienne. 

Effectuer progressivement les changements alimentaires

La BHS recommande de réaliser les changements d’alimentation et de gestion progressivement, généralement sur 10 à 14 jours, afin de laisser le temps au microbiote digestif de s’adapter. 

Éviter les changements brusques de routine

Une modification importante du temps passé au box, du pâturage, de l’exercice ou de la ration peut modifier le fonctionnement digestif. Lorsque cela est possible, ces changements doivent être introduits progressivement. 

Assurer un suivi dentaire adapté

Une mauvaise mastication peut modifier l’ingestion et favoriser certaines impactions. La BHS recommande un contrôle dentaire régulier, adapté à l’âge et aux besoins du cheval.

Mettre en place une gestion raisonnée des parasites

Le contrôle parasitaire moderne repose sur une approche basée sur le risque, avec suivi vétérinaire et utilisation raisonnée des anthelminthiques plutôt qu’une vermifugation systématique identique pour tous les chevaux. 

Limiter l’ingestion de sable lorsque le contexte l’expose

Dans les environnements sableux, évitez autant que possible de distribuer directement le fourrage sur un sol nu contaminé par le sable.

Maintenir une activité adaptée

Le mouvement, la sortie et une routine cohérente participent à une gestion digestive favorable lorsque l’état de santé du cheval le permet. 

11. Que retenir sur les signes de coliques chez le cheval ?

Les coliques peuvent commencer par des signes très discrets :

  • cheval qui mange moins ;
  • changement d’attitude ;
  • regard vers les flancs ;
  • diminution des crottins ;
  • grattage du sol ;
  • cheval qui se couche plus souvent.

Elles peuvent ensuite évoluer vers une douleur beaucoup plus manifeste avec agitation, roulades, transpiration ou coups de pied vers l’abdomen.

Aucun signe isolé ne permet de connaître la cause ni la gravité exacte d’une colique.

Un cheval peut encore produire des crottins et présenter malgré tout un problème abdominal. De même, un cheval qui ne se roule pas violemment n’est pas nécessairement hors de danger.

La conduite la plus sûre reste donc :

observer → appeler rapidement le vétérinaire → retirer la nourriture → sécuriser le cheval → suivre les instructions données.

À lire aussi : retrouvez nos autres guides dans la rubrique Soins & santé équine.


FAQ — Coliques chez le cheval

Un cheval peut-il avoir une colique et continuer à faire des crottins ?

Oui. La production de crottins ne permet pas à elle seule d’exclure une colique. Elle doit être interprétée avec le comportement du cheval et les autres signes cliniques.

Faut-il empêcher absolument un cheval en colique de se rouler ?

Non. La priorité est d’éviter les blessures du cheval et du manipulateur. La BHS indique que le cheval peut être autorisé à se coucher ou à rouler s’il se trouve dans un environnement suffisamment sûr. 

Faut-il marcher un cheval en colique ?

Une marche douce et brève peut être proposée si le cheval est calme et disposé à marcher. Il ne faut pas le forcer ni l’épuiser. 

Peut-on donner un antalgique avant l’arrivée du vétérinaire ?

Uniquement sur indication du vétérinaire ou selon un protocole qu’il a préalablement établi pour ce cheval. Informez toujours le vétérinaire du médicament, de la dose et de l’heure d’administration. 

Un cheval qui se place comme pour uriner a-t-il forcément un problème urinaire ?

Non. L’étirement comme pour uriner fait partie des comportements décrits lors de douleur abdominale chez le cheval.

Quand peut-on redonner à manger après une colique ?

La réalimentation dépend de la cause de la colique et du traitement reçu. Elle doit suivre les instructions du vétérinaire plutôt qu’une durée fixe applicable à tous les cas. 

Conclusion

Reconnaître précocement les signes de coliques chez le cheval peut permettre une prise en charge plus rapide. Une baisse d’appétit, un changement d’attitude ou quelques regards vers les flancs méritent autant d’attention que les signes plus classiques comme le grattage, les roulades ou la transpiration.

En cas de doute, contactez votre vétérinaire plutôt que d’attendre l’aggravation des symptômes.

Dernière révision : 29 septembre 2026.

Sources

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