Main d’un opérateur présentant le dispositif FEI devant la muserolle d’un cheval bai lors d’un contrôle de muserolle trop serrée
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Muserolle trop serrée : 95 % conformes au  contrôle FEI

Une étude publiée le 5 octobre 2026 dans Equine Veterinary Journal apporte de nouvelles données sur le contrôle du serrage des muserolles en compétition. Réalisée auprès de 523 chevaux lors de trois championnats britanniques de dressage en 2025, elle révèle que 95 % d’entre eux respectaient, dès la première vérification, le seuil de laxité contrôlé à l’aide du dispositif de la Fédération Équestre Internationale (FEI). Un résultat encourageant, qui ne suffit cependant pas à prouver une amélioration du bien-être des chevaux.

Une muserolle trop serrée peut augmenter les pressions sur la tête du cheval et restreindre certains comportements buccaux. C’est pourquoi HorsEducation analyse cette étude : pour comprendre ce que le contrôle FEI révèle sur les réglages en compétition, sans le confondre avec une mesure directe du confort.

Pourquoi surveiller le serrage des muserolles ?

La muserolle est une partie du bridon ou de la bride qui entoure le nez du cheval. Selon sa conception et son réglage, elle peut contribuer à stabiliser l’équipement et limiter certains mouvements de la mâchoire. Mais une muserolle excessivement serrée risque d’exercer des pressions élevées sur des structures sensibles de la tête, notamment les régions des os nasaux et des mandibules.

Des travaux biomécaniques ont montré que les pressions dépendent notamment du modèle et du degré de serrage. C’est dans ce contexte que les instances équestres ont cherché à rendre les contrôles plus objectifs, afin de mieux prévenir les ajustements excessifs.

Muserolle trop serrée : que montrent les études scientifiques ?

L’étude britannique de 2026 évalue le respect d’un seuil de serrage, et non la douleur ou le stress ressentis par les chevaux. D’autres recherches permettent de comprendre pourquoi une muserolle trop serrée constitue un enjeu de bien-être équin, tout en distinguant les effets mesurés des risques encore discutés.

Des pressions plus fortes sur le nez et la mâchoire

Dans une étude expérimentale publiée en ligne en 2024, MacKechnie-Guire et ses collègues ont mesuré les pressions exercées par quatre types de muserolles sur huit chevaux de dressage au trot. Les mesures réalisées à cinq degrés de serrage ont montré une augmentation des pressions et des forces sur les os nasaux et les branches mandibulaires lorsque la muserolle était davantage serrée. Les réglages correspondant à un doigt de laxité ou moins étaient associés à des pressions significativement plus élevées que ceux correspondant à 1,5 ou 2 doigts, selon les paramètres étudiés.

Il s’agit d’une démonstration biomécanique : ces capteurs quantifient les pressions, mais ne mesurent pas directement la douleur.

Comportements buccaux et réponses physiologiques

Dans une expérience menée sur douze chevaux, Fenner et ses collègues (2016) ont observé, au réglage le plus serré d’une muserolle suédoise avec double bride, une hausse de la fréquence cardiaque et de la température oculaire, ainsi qu’une baisse de la variabilité cardiaque. La mastication diminuait aux réglages les plus restrictifs ; après retrait du harnachement, le léchage, la déglutition et le bâillement augmentaient. Ces résultats sont compatibles avec une réponse physiologique de stress et une restriction de certains comportements buccaux dans les conditions de cette expérience.

Les résultats ne sont cependant pas identiques dans tous les protocoles. Une autre étude expérimentale de Clayton et ses collègues, publiée en ligne en 2024, a évalué huit chevaux de dressage à l’arrêt et pendant la mastication d’une friandise : les pressions augmentaient avec le serrage, mais les chercheurs n’ont pas observé de variation de la température oculaire ou de la fréquence de clignement suggérant une détresse pendant cette tâche. Cette absence de réponse sur deux indicateurs ne prouve pas pour autant l’absence d’inconfort dans toutes les situations.

Un lien avec les lésions aux commissures des lèvres

Une étude danoise d’Uldahl et Clayton, publiée en ligne en 2018, a examiné 3 143 couples cheval-cavalier après compétition. Des lésions ou traces de sang étaient visibles aux commissures des lèvres chez 9,2 % des chevaux ; une muserolle supérieure plus lâche était associée à un risque plus faible de lésions. Cette étude observationnelle met en évidence une association, sans établir que le serrage était la cause unique des blessures.

À retenir : l’augmentation des pressions est clairement documentée. Des restrictions comportementales, des signes physiologiques de stress et des associations avec certaines lésions ont également été observés, mais ils dépendent des conditions étudiées. Ces travaux ne fixent pas un seuil universel de douleur valable pour tous les chevaux.

Que prévoit la réglementation FEI ?

Dispositif de mesure FEI utilisé pour vérifier le serrage de la muserolle du cheval, avec ses dimensions
Dispositif de mesure de la laxité des muserolles utilisé lors des contrôles FEI. Adapté de MacKechnie-Guire et al. (2026), Equine Veterinary Journal, figure 1. Licence CC BY. Adaptation graphique : HorsEducation.

Depuis le 1er mai 2025, la FEI utilise un dispositif de mesure standardisé pour contrôler la laxité des muserolles lors de ses compétitions, dans toutes les disciplines concernées. L’article 1044.8 du règlement vétérinaire précise que la règle s’applique à tous les types de muserolles, ainsi qu’aux sangles supérieure et inférieure lorsqu’elles sont présentes.

Le dispositif, en forme de coin, est introduit sous la muserolle au-dessus de la partie osseuse du chanfrein, puis passé de haut en bas. Son passage vérifie le respect du seuil minimal de laxité défini par la FEI : il ne s’agit donc pas simplement de compter le nombre de doigts passant sous la sangle.

  • Avant l’épreuve : si la muserolle est trop serrée, le couple cheval-cavalier ne peut pas prendre le départ tant que son réglage n’a pas été corrigé.
  • Après l’épreuve : un contrôle non conforme entraîne l’élimination du couple et l’attribution d’un carton jaune au cavalier.
Contrôle du serrage de la muserolle du cheval à l’aide du dispositif FEI, illustré en trois étapes
Illustration pédagogique en trois étapes du contrôle de la muserolle, de la mise en place du dispositif FEI à son retrait. Schéma simplifié : HorsEducation, d’après le protocole de la Fédération Équestre Internationale et MacKechnie-Guire et al. (2026).

La FEI détaille elle-même le dispositif et la procédure de mesure.

Une étude de terrain menée sur 523 chevaux de dressage

L’étude de MacKechnie-Guire et de ses collègues porte sur des contrôles effectués lors de trois événements de British Dressage en 2025 : le National Championship, le Middle Tour Championship et les Area Festival Championships. Il s’agissait de compétitions britanniques utilisant le dispositif FEI, et non d’un échantillon représentatif de toutes les compétitions internationales.

À chaque vérification, les chercheurs ont relevé cinq paramètres : le résultat du test (réussi ou échoué), le type de muserolle, le type de bride ou de bridon, la coopération apparente du cheval pendant la mesure et le degré de confiance du commissaire chargé du contrôle.

Précision importante : les participants avaient été informés par courriel, la veille des compétitions, que le dispositif serait utilisé. Il est donc possible que certains aient vérifié ou desserré leur muserolle avant le contrôle. Les chercheurs ont également recueilli les perceptions de 45 cavaliers et de six commissaires, ce qui renseigne sur l’acceptabilité de la procédure, mais ne remplace pas une évaluation indépendante du bien-être des chevaux.

Quels résultats ?

Sur 523 chevaux contrôlés :

IndicateurRésultat
Contrôle initial réussi496 (95 %)
Contrôle initial non conforme27 (5 %)
Chevaux jugés coopératifs502 (96 %)

Les 27 chevaux qui n’avaient pas réussi le premier test l’ont tous réussi après ajustement de leur muserolle. Cette précision est importante : les 95 % désignent la conformité avant correction.

Dans l’ensemble de l’échantillon, les muserolles suédoises représentaient 39 % des modèles utilisés, les muserolles combinées (« flash ») 29 %, les muserolles françaises classiques (« cavesson ») 21 %, les muserolles basses 9 % et les muserolles croisées (« grackle ») 2 %.

Parmi les 27 échecs initiaux, 15 concernaient des muserolles combinées, 11 des suédoises et un une muserolle basse. Toutefois, ces nombres ne prouvent pas qu’un modèle serait intrinsèquement plus dangereux : les fréquences d’utilisation varient et l’étude n’était pas conçue pour établir un lien causal entre le type de muserolle et l’inconfort.

Comment les chevaux ont-ils réagi au contrôle ?

Les commissaires ont jugé 502 chevaux sur 523 (96 %) « coopératifs » pendant le passage du dispositif. Douze ont été classés « satisfaisants » et neuf « non coopératifs ». Les six commissaires ont également indiqué se sentir confiants dans l’utilisation de la procédure, même si certains ont demandé une vérification supplémentaire en cas d’échec.

Le critère de coopération reposait surtout sur l’immobilité et les mouvements de tête ou de membres observés. Il ne constituait pas une évaluation indépendante du stress, de la douleur ou du confort. Un cheval qui reste immobile n’est pas nécessairement détendu : c’est l’une des limites à conserver à l’esprit.

Le contrôle FEI a-t-il amélioré le bien-être équin ?

Les chercheurs soulignent que le taux élevé de conformité contraste avec des travaux antérieurs rapportant davantage de muserolles très serrées chez des chevaux de compétition. Plusieurs explications restent possibles : sensibilisation accrue des cavaliers, modification des habitudes de réglage ou anticipation d’un contrôle devenu obligatoire dans certaines compétitions.

Mais il s’agit d’une étude observationnelle, sans comparaison avant-après portant sur les mêmes chevaux et sans évaluation comportementale détaillée. Les populations et méthodes des recherches antérieures diffèrent également. Les auteurs ne peuvent donc pas attribuer à la seule réglementation FEI le taux élevé observé, ni démontrer un bénéfice direct sur le confort des chevaux.

L’analyse HorsEducation : que retenir pour les cavaliers ?

Respecter le seuil de laxité FEI ne signifie pas que le cheval ne ressent aucune pression ou gêne. Le dispositif aide à vérifier objectivement le réglage de la muserolle, mais il ne mesure ni la douleur, ni le stress, ni l’ensemble des contraintes exercées par le harnachement lorsque le cheval travaille.

Le résultat de 95 % mérite également d’être replacé dans son contexte : les cavaliers avaient été avertis de l’utilisation du dispositif la veille des compétitions. Certains ont donc pu anticiper la vérification et ajuster leur matériel. L’étude ne permet pas de distinguer la part d’habitudes déjà établies de celle d’éventuels réglages préparatoires. Ce taux ne doit pas être interprété comme une mesure représentative du serrage pratiqué dans toutes les compétitions.

Pour le cavalier, l’enseignement pratique est de vérifier le réglage avant de monter, sans attendre un contrôle officiel. La position de la muserolle, la présence d’une sangle inférieure, les zones de contact et les réactions du cheval doivent être prises en compte en complément du respect de la laxité réglementaire. Le matelassage ne compense pas un serrage excessif. Cette vigilance s’applique aussi au choix et à l’ajustement du licol du cheval, afin de limiter les points de pression.

Conclusion

Cette étude sur 523 chevaux montre qu’un contrôle standardisé du serrage des muserolles peut être appliqué sur le terrain : 496 chevaux ont réussi le premier test et les 27 autres sont devenus conformes après ajustement. Le résultat documente la conformité observée, pas une amélioration du bien-être attribuable à la réglementation. Pour HorsEducation, le contrôle représente une précaution utile qui doit rester complémentaire d’un ajustement attentif et d’une observation régulière du cheval.

Sources scientifiques et réglementaires

  1. MacKechnie-Guire R., Clayton H. M., Williams J. M., Marlin D., Walker V., Murray R. (2026). Pass rates using the FEI noseband measurement device at British Dressage 2025 Championships. Equine Veterinary Journal, publié en ligne le 5 octobre 2026. DOI : 10.1002/evj.70333.
  2. Fédération Équestre Internationale (2025). Introducing the FEI Noseband Measuring Device, 22 avril 2025.
  3. FEI. Noseband Tightness Measuring Protocol ; règlement vétérinaire, article 1044.8.
  4. Fenner K. et al. (2016). The effect of noseband tightening on horses’ behavior, eye temperature, and cardiac responses. PLOS ONE. DOI : 10.1371/journal.pone.0154179.
  5. Uldahl M., Clayton H. M. (2018, publication en ligne). Lesions associated with the use of bits, nosebands, spurs and whips in Danish competition horses. Equine Veterinary Journal. DOI : 10.1111/evj.12827.
  6. MacKechnie-Guire R. et al. (2024, publication en ligne). Noseband type and tightness level affect pressure on the horse’s face at trot. Equine Veterinary Journal. DOI : 10.1111/evj.14420.
  7. Clayton H. M. et al. (2024, publication en ligne). Facial pressure beneath a cavesson noseband adjusted to different tightness levels during standing and chewing. Equine Veterinary Journal. DOI : 10.1111/evj.14451.

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